Le Hutois abattu par la police brandissait bien son épée

Les premières conclusions de l’autopsie vont en tout cas en ce sens.

Huy, homme abattu par la police rue Paul Carré
©Yves Bircic

Quelques jours après le décès de Charles Crahay à Huy, la machine judiciaire a enclenché la vitesse supérieure. Ainsi l’autopsie du défunt a livré quelques éléments qui auront plus que probablement leur importance.

Pour rappel, dimanche vers midi, Charles Crahay a été abattu par un double tir policier alors qu’il sortait de chez lui, rue Paul Carré à Huy. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le quadragénaire, habitant la rue était en train de casser des vitres de voitures stationnées sur la chaussée.

Alertée, la police est arrivée sur place alors que le suspect était rentré à son domicile et était occupé à jeter des bibelots depuis sa fenêtre.

Les agents de police ont alors sonné à la porte. C’est à ce moment que Charles Crahay est sorti… une épée à la main. Il aurait alors brandi l’arme blanche se dirigeant vers les policiers. Un des deux policiers a sorti son pistolet et fait les injonctions d’usage, ce qui n’a pas fait reculer le Hutois. Le policier a finalement ouvert le feu à deux reprises. L’homme décédera sur place.

Ce lundi, le collègue du tireur a été auditionné et a confirmé les faits tels que présentés au moment des premiers témoignages. Le tireur, lui, n’a pas encore été entendu.

Dans l’abdomen

L’autopsie du défunt a également été réalisée et les premiers éléments accréditeraient la version avancée par les deux policiers hutois.

Ainsi, il apparaît que la première balle a touché Charles Crahay dans le bras. Elle est entrée par l’arrière du biceps pour ressortir par l’avant du bras. De coup, cela permet plus que raisonnablement de penser que M. Crahay faisait face au tireur et avait le bras armé, levé.

Le second projectile a quant à lui, touché la victime en entrant par l’aisselle pour perforer l’abdomen. Là aussi, le bras qui, potentiellement pourrait se trouver dans le chemin n’a pas été touché, ce qui est par contre une évidence si, là aussi, le bras est levé pour brandir l’épée de chevalier retrouvée sur les lieux du drame.

L’enquête n’est évidemment pas terminée, plusieurs devoirs judiciaires étant encore en cours et attendus par le magistrat instructeur.

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