Les deux présumés passeurs de Mawda condamnés par la cour d'appel de Liège

Les prévenus ont été reconnus coupables de faits de traite des êtres humains dans le cadre d’une organisation criminelle

Sarah Rasujew
Les deux présumés passeurs de Mawda condamnés par la cour d'appel de Liège
©BELGA

La cour d’appel de Liège a condamné les présumés passeurs de Mawda, Ahmed Rasol Dilman à 5 ans de prison et 208 000 euros d'amende ou 2 mois de prison et Talib Dilman à 3 ans de prison et à une amende de 264 000 euros ou 2 mois avec sursis pour un tiers de la prison et la totalité de l’amende.

Ces deux hommes ont été reconnus coupables d'être des passeurs de migrants impliqués dans le transfert qui a eu lieu lors de la tragique nuit lors de laquelle la petite Mawda, 2 ans, a perdu la vie. Dans la nuit du 17 mai 2018, une course-poursuite entre des passeurs qui transportaient des migrants et des policiers a coûté la vie à la petite Mawda qui a été tuée par une balle tirée par un policier. Les camionnettes qui ont servi à transporter des migrants ont été achetées et transformées dans la région liégeoise, c'est pour cette raison que la justice liégeoise a été chargée d'une partie du dossier. Seuls deux des prévenus ont comparu en appel. "Je suis moi-même victime", avait déclaré Ahmed Rasol Dilman devant la cour d'appel. "Je n'ai rien fait", a-t-il poursuivi. Les enquêteurs ont retrouvé ses empreintes sur un parquet de cigarettes qui se trouvait dans la boite à gants de la camionnette qui a servi lors de la course-poursuite, mais aussi dans d'autres voitures litigieuses.

Selon les déclarations des policiers, c'est lui qui aurait exhibé Mawda devant les policiers lors de la course-poursuite. Il aurait également jeté des objets sur la route. "Ce n'est pas moi qui ai montré l'enfant", avait-t-il déclaré. "Je sais que des personnes ont jeté des choses de la camionnette, mais je ne sais pas quoi. Elles ont jeté leurs propres affaires. " Talib Dilman a également nié être un passeur. Son téléphone a borné dans une quinzaine de pays d'Europe et d'Afrique du nord dont son pays d'origine dans lequel il dit être persécuté. La cour a estimé les faits établis.