La Ville de Liège veut que Liège Airport favorise l'utilisation d'avions moins bruyants

Le Collège de la Ville de Liège demande que soit favorisée l'utilisation d'appareils moins bruyants à Liège Airport étant donné l'augmentation du nombre de mouvements fret par des appareils gros porteur.

La Ville de Liège veut que Liège Airport favorise l'utilisation d'avions moins bruyants
©BELGA

Au niveau de l'exploitation de l'outil, la possibilité de limiter les vols de nuit pourrait également être étudiée, indique-t-il vendredi à l'issue de son analyse, après enquête publique, des demandes de permis introduites par l'aéroport liégeois. Ces requêtes s'inscrivent dans le développement futur de Liège Airport à l'horizon 2040. Rien qu'au niveau de la Ville de Liège, l'enquête publique a débouché sur 458 observations écrites émanant de citoyens, relatives notamment à la qualité de l'air et des sols, à l'augmentation du trafic aérien et aux nuisances sonores, au Masterplan 2040 ou encore aux types d'avion.

Il ressort de l'analyse qu'étant donné la localisation de l'aéroport, certains quartiers de la ville de Liège n'échappent pas au survol par les avions après le décollage ou avant l'atterrissage, ce qui est une nuisance ressentie par la population. Des nuisances sonores qui viennent s'ajouter à celles déjà bien présentes sur le territoire de la ville, entité la plus urbanisée et la plus densément peuplée de la périphérie de l'aéroport, reconnait la Ville.

Pour vérifier le ressenti des riverains, le placement de stations de mesures du bruit doit être réalisé, estime-t-elle. Et ce, pour les communes en périphérie des aéroports wallons.

Le Collège demande en outre que soit favorisée l'utilisation d'appareils moins bruyants vu l'augmentation du nombre de mouvements fret par des appareils gros porteur. Au niveau de l'exploitation de l'aéroport, la possibilité de limiter les vols de nuit pourrait également être étudiée, suggère-t-il.

L'incidence de l'activité de l'aéroport sur la qualité de l'air de la ville de Liège doit être mieux prise en compte, relève cette dernière, préoccupée par un risque de dégradation en la matière lié aux activités actuelles et futures de Liège Airport.

De plus, note le Collège, la croissance du tonnage transporté ainsi que le nombre d'emplois ont un impact sur la mobilité autour de l'aéroport, tant pour les poids lourds que pour les voitures personnelles, avec des répercussions sur le territoire de la ville. "Des mesures doivent être proposées afin de limiter l'impact du déplacement motorisé individuel ainsi que l'impact du transport routier, particulièrement dans le contexte d'un risque de saturation de la 'rocade Nord' de la Ville avec l'hypothèse que le transit par le centre-ville et les quartiers n'est plus permis."

La zone aéroportuaire poursuit actuellement ses développements avec un mélange d'activités économiques et de bureaux. Mais le développement de bureaux dans des lieux mal desservis en modes de transport durables (vélo, bus, train...) doit rester une exception, préconise le Collège, car il génère une mobilité très consommatrice de ressources. "Nous estimons qu'un tel développement de bureaux et commerces en dehors de tout centre urbain, dans un lieu exclusivement accessible en voiture, le long d'une autoroute, générera une mobilité très consommatrice de ressources, se réalisera contre les polarités déjà existantes, contre les ambitions et visions de la Région wallonne et contre une gestion parcimonieuse du sol et des ressources."

Enfin, à la suite de l'étude d'incidences, plusieurs manquements (non prise en compte du réchauffement climatique et des recommandations du GIEC, du trafic aérien et de l'impact sur la santé humaine) ont été évoqués dans de nombreuses réclamations. La Ville de Liège demande dès lors à ce que le pôle Environnement du Conseil économique social et environnemental de Wallonie soit interrogé à ce sujet.

En matière de compensation, la plantation d'arbres sur le territoire urbain de la ville de Liège devrait également être une alternative envisagée pour atteindre la neutralité carbone de Liège Airport, conclut le Collège, dont l'avis sera transmis à la Région wallonne. C'est en effet le gouvernement wallon qui devra statuer, in fine, sur la demande de renouvellement de permis.