Tout est permis à Liège ? "Faux", dit le bourgmestre

Politique Interpellé par un citoyen en colère, le bourgmestre répond par les chiffres…

Liège - centre ville: Dossier sur la toxicomanie en cité ardente réalisé grâce au fonds pour le journalisme
©JC Guillaume

Une ville sale, où les agressions sont légion et où les toxicomanes peuvent se piquer impunément, au vu et au su de tous… "À Liège, tout est permis".

Tel est le portrait peu élogieux de la ville, dressé ce lundi soir, en séance publique du conseil communal, par Christophe Brissa, un citoyen Liégeois, on l’a compris, quelque peu remonté contre les autorités locales liégeoises.

Ce tableau est-il conforme à la réalité ? Chacun jugera mais il est vrai que, ces dernières années, la mendicité et la toxicomanie de rue n’ont pas diminué à Liège. Si l’on ajoute les dépôts clandestins qui, s’ils sont pris en charge par les services de la Ville, restent le quotidien des Liégeois et un chantier du tram qui "plombe" tous les jours un peu plus la ville… le tableau n’est pas joyeux.

Ce lundi soir, si le bourgmestre Willy Demeyer, chef de la police locale, avouait donc que "la situation décrite correspond en partie à la réalité", il ne pouvait toutefois pas laisser cette interpellation sans réponse. Car contrairement à ce qui est avancé a-t-il insisté, Liège investit dans la sécurité… plus que de nombreuses autres villes. Métropole oblige.

Budget trois fois plus important

"Nous ne pouvons en effet pas être d'accord avec vos dénonciations concernant l'absence de réaction à l'encontre des incivilités", a d'emblée répondu le bourgmestre, "les causes principales sont à chercher dans le sous financement des charges liées à la centralité et dans l'inadéquation des lois et règlements aux réalités de la métropole". Willy Demeyer l'a souvent répété : une ville comme Liège paye proportionnellement plus qu'une autre et ce tant au niveau de la propreté que de la sécurité ou même la mobilité, car elle accueille quotidiennement des centaines de milliers de Liégeois au sens métropolitain du terme.

Preuve en est : ces montants évoqués lundi soir par le bourgmestre de Liège… "De nombreuses mesures sont prises pour tenter d'enrayer les phénomènes dénoncés. La première et la principale mesure concerne les moyens consentis à Liège pour la police. Le budget police 2022 est de 114 millions d'euros financés par le Fédéral et la Commune. La dotation communale consentie est de 71 millions d'euros soit 62 % de ce budget. Cela veut dire que chaque Liégeois paye plus ou moins 350 euros par an pour la police. Ce montant était de 300 euros en 2020 pour 126 euros à Fléron ou 103 euros à Soumagne par exemple. Les différences par habitant entre communes sont considérables"

Ce que tient à souligner le mayeur, c'est donc l'effort fourni à Liège, non seulement pour assurer la sécurité de chaque quartier mais aussi pour assurer la sécurité de tous ceux qui viennent à Liège pour travailler, s'amuser… ou voir un match de foot. D'ailleurs insistait-il, "je peux vous informer que la sécurité dans les quartiers purement résidentiels est comparable à celles des communes proches".

Et de promettre en conclusion que la sécurité restait une préoccupation majeure à Liège tout comme le maintien d’une police de proximité…