Ses premiers bâtiments datent de la fin du XIXe siècle, les derniers des années 60. Situé au milieu d’un magnifique parc sur les hauteurs de Liège, l’ensemble est vide depuis 2001. Et pourtant, lorsqu’il avait été racheté à l’Université de Liège par la Région wallonne, cette dernière envisageait très sérieusement d’installer dans les anciens bâtiments de l’Observatoire de Liège les bureaux de son service d’archéologie.

"Finalement, cela ne s’est pas fait, sans doute pour des raisons budgétaires, note André Lausberg, le président de la Société astronomique de Liège. Désormais, la Région n’y effectue plus que les travaux d’urgence. Quant à l’avenir…"

Dommage de guerre

En attendant, l’ASBL liégeoise a la possibilité de montrer aux amateurs les deux joyaux du passé astronomique liégeois toujours abrités dans le bâtiment : le grand télescope et la lunette méridienne. Le premier est placé sous une grande coupole toujours mobile; l’autre, dans une pièce dont la toiture se laisse aller, même si l’intérieur du site reste parfaitement protégé des intempéries.

Ces deux pièces ont aussi leur petite histoire. "Le grand télescope avait été démonté par les Allemands en 1940 et sans doute remonté sur la côte atlantique pour observer l’Angleterre, explique André Lausberg. Il n’est jamais revenu et on en a reçu un nouveau à titre de dommage de guerre. Mais il a fallu l’attendre longtemps. Il n’est arrivé à Cointe que le 25 mai 1957. C’est la raison pour laquelle on l’a appelé Désiré."

Quant à la lunette méridienne, son histoire est encore plus passionnante. "Au moment de l’invasion de 1940, elle était démontée. Toutes les pièces ont été cachées des Allemands dans une mine désaffectée. On ne l’a remontée que bien plus tard. Un technicien spécialisé a utilisé ses six mois de fin de carrière pour le faire…"

Voilà pour ces deux instruments exceptionnels. Seul le premier est encore utilisé, de loin en loin, par les amateurs et autres chasseurs d’étoile. "La pollution lumineuse est devenue trop importante à Liège, mais il y a quand même moyen, parfois, d’observer la Lune ou quelques planètes", dit encore André Lausberg en précisant qu’on ne trouvait plus d’anciennes plaques photographiques pour le grand télescope. "Mais la lunette, montée en parallèle, peut être dotée d’un appareil photographique moderne."