Gazette de Liége

Rien ne se perd, tout se transforme… l’exemple des sapins de Noël à Huy est une parfaite illustration de la valorisation de ce déchet vert encombrant (et récurrent). Chaque début d’année en effet, à Huy comme ailleurs, des milliers de sapins sont voués à être jetés, débités, broyés ou brûlés. Mais à Huy, depuis plusieurs années déjà, on favorise tant la valorisation que le circuit court. Tout est récupéré et utilisé, sur place.

En tout, ce seront 1 500 sapins qui seront sortis sur les trottoirs de la ville de Huy et qui seront enlevés d’ici la fin de cette semaine. "Le ramassage a commencé ce lundi 7 janvier. Deux équipes de trois hommes y participent", explique-t-on à la Ville de Huy. Mais plutôt que d’être envoyés au bio centre d’Intradel, les sapins récoltés à Huy… resteront à Huy. Non pas pour orner les bâtiments communaux en guise de seconde vie mais bien pour être broyés. "Et le broyat sera utilisé par le service Parcs et Plantations : les sapins broyés seront utilisés comme mulch (couche de matériaux étendue sur le sol). Ce sera le cas dans les allées, dans les massifs de terre de bruyère et pour combattre la renouée du Japon."

Il y a une quinzaine d’années en effet, la Ville de Huy a décidé de faire l’acquisition d’un broyeur avec comme objectif de réutiliser le broyat de ces sapins, notamment. Une riche idée en l’occurrence puisque "le broyat s’est révélé être très utile". Comme le précise la Ville de Huy, "c’est un peu par hasard que le service Parcs et Plantations s’est rendu compte que le mulch fonctionnait dans le cadre de la lutte contre la renouée du Japon car du broyat avait été stocké sur un site où il y avait des renouées du Japon. L’année suivante, les plantes invasives ont repoussé mais étaient jaunes et un an plus tard elles n’ont plus repoussé. Depuis, un terrain en bord de Meuse où les renouées sont nombreuses est entretenu en y plaçant simplement une couche de broyat". Et depuis, l’investissement (broyeur) fut largement récupéré à Huy, le broyat se révélant particulièrement bon marché. À l’administration, on en profitait, ce mardi, pour rappeler bien sûr "qu’il est important de bien enlever les décorations de Noël avant de déposer le sapin sur le trottoir afin qu’il soit évacué par les services de la Ville".

Au bio centre de Grâce-Hollogne

Mais puisque tout le monde n’habite pas à Huy et que tout le monde ne possède pas un terrain où le sapin (avec motte) peut être replanté, Intradel, en charge du traitement et de la collecte des déchets dans 72 communes, propose aussi ce service via ses collecteurs. Cette semaine, de nombreuses communes de la zone proposent donc l’enlèvement du sapin, "qui est réalisé le jour de la collecte traditionnelle", précise Jean-Jacques De Paoli, porte-parole d’Intradel. "L’objectif est vraiment d’offrir un service au citoyen, poursuit le porte-parole, car s’il y a une forme de valorisation, on peut clairement dire que ce n’est qu’une aiguille dans une botte de foin."

Une fois récoltés, les sapins sont envoyés dans l’un des trois bio centres d’Intradel, celui de Grâce-Hollogne en l’occurrence où les déchets verts sont traités. Ici, chaque année, ce ne sont pas moins de 80 000 tonnes qui sont valorisées. Et d’après les estimations, les sapins représentent globalement 1,5 à 4 tonnes. "C’est difficile à estimer et ça varie fort d’une année à l’autre."

À Grâce-Hollogne, toute l’année, on récolte les déchets verts des recyparcs mais aussi les déchets des communes partenaires sans oublier les déchets des particuliers qui dépassent le m3 réglementaire accepté dans les recyparcs. Une fois valorisés, ces déchets sont donc transformés en compost, directement utilisé sur nos champs hesbignons.