C’est à une rencontre pour le moins improbable qu’il nous a été donné d’assister ce mardi à Liège. Et ce sur un terrain laissé à l’abandon et invisible du grand public, lequel est situé entre le quai des Ardennes et la rue du Fourneau.

On se trouve ici à la toute fin du boulevard de l’Automobile, sur un site voisin de l’ancienne usine Cuivre et Zinc. Comme expliqué sur place tant par Louis Maraite, ancien journaliste et auteur liégeois, que par Laurent Minguet, promoteur immobilier et propriétaire du site, il abritait en son temps le château de Posson et son parc.

S’il fait désormais l’objet depuis plusieurs années d’un projet immobilier - "il s’agit d’y construire une centaine de logements" -, il est aussi particulier à plus d’un titre. En effet, outre le fait qu’il est enclavé et est actuellement squatté comme en atteste la présence de détritus alimentaires, il n’abrite pas moins de six arbres remarquables.

Parmi ces derniers, figure ce qui est considéré dans l’inventaire de la Région wallonne comme l’arbre liégeois à la plus grande circonférence. Il s’agit en l’espèce d’un marronnier d’Inde, haut de près de 30 mètres et large de plus de 8 mètres, de quoi impressionner.

Il n’est pas le seul arbre remarquable, le souci actuel étant qu’il ne peut pas être remarqué, puisqu’on compte également quatre hêtres, culminant à plus de 30 mètres, ainsi qu’un chêne imposant. Pour Louis Maraite, auteur de l’ouvrage "Alman’Arbres" vu comme "une ode à l’arbre" et "un acte de résistance", il est essentiel de le protéger.

Une préoccupation que dit partager celui qui en est le propriétaire depuis 2006, lequel entend conserver un parc à cet endroit. Ce dernier, se disant écolo depuis 30 ans, relativise d’ailleurs la pression exercée tant par la mobilité que par l’immobilier dans la sauvegarde du patrimoine naturel chère à l’auteur liégeois.

Bruno Boutsen