Entre 500 et 700 personnes masquées ont répondu à l'appel de la FGTB et se sont rassemblées devant le Palais de Justice de Liège en solidarité avec 17 syndicalistes condamnés, le 23 novembre dernier, à des peines avec sursis pour "entrave méchante à la circulation" lors d'un blocage d'autoroute au viaduc de Cheratte en 2015.

Sous les fumigènes et les vestes rouges, les militants ont accueilli l’avocat des syndicalistes condamnés venu déposer un appel du jugement avec une haie d'honneur.


La RTBF rapporte les propos de Thierry Bodson, le président de la FGTB, qui a pris la parole pour souligner l’importance du droit de grève : "Nous sommes condamnés simplement parce que nous sommes présents à une action de grève lors d’une journée de grève interprofessionnelle. C’est en effet le droit de grève, le droit de manifester, le droit de se manifester, le droit d’occuper l’espace public qui est important et qui est en jeu aujourd’hui. Ce n’est pas simplement un problème pour les organisations syndicales. C’est un problème pour l’ensemble des mouvements sociaux. Demain, lorsqu’un citoyen participera à une action sur la voie publique qui n’aurait pas eu une autorisation, et bien depuis le 23 novembre, il risque la prison. Ni plus, ni moins. C’est un état autoritariste qui peut se permettre ça. Notre jugement est un vrai jugement politique. Ça gêne quand on le dit. On ne veut pas d’une suspension du prononcé. Nous voulons être disculpés, simplement".

La police a discrètement encadré ce rassemblement qui était, à la base, autorisé pour moins de 100 personnes.

© BELGA

Les libéraux mécontents face à ces images

Le président du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez a réagi sur Twitter : "Le syndicat FGTB, c’est celui qui dénonce, à raison, les entreprises qui ne respectent pas les règles de distance sociale... Pour info, le télé-travail est obligatoire."


Un autre libéral, Mathieu Bihet, a également tweeté sur le sujet: "Attroupement de 700 personnes qd on demande aux citoyens de limiter les contacts... le tout pour protester contre une décision de justice. Est-ce vraiment responsable? "


A Bruxelles et Anvers

Environ 150 personnes ont également manifesté place de la Liberté à Bruxelles, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles. Un autre rassemblement a également eu lieu à Anvers. Les militants réunis à Bruxelles ont allumé 17 torches en solidarité avec les 17 personnes condamnées. Ils avaient étendu plusieurs banderoles avec des messages comme "Solidarité" et "Pour le droit de grève et de manifester". Une délégation de la CSC était présente au rassemblement. Le slogan "Solidarité avec nos délégués" a été scandé par la foule. Malgré les différents rappels des règles sanitaires sur des pancartes, la distanciation sociale était peu respectée.