C’est le groupe AB Inbev qui l’a annoncé ce mardi après-midi : une gestion "durable" d’un produit qui marche à l’exportation, en l’occurrence la Stella Artois, va avoir des conséquences négatives sur l’emploi… à Jupille. En effet, face à "la popularité croissante de la Stella Artois"… AB InBev annonce vouloir brasser localement outre-Atlantique. Ce qui devrait entraîner des pertes d’emplois sur le site historique de Jupille…

"La Stella Artois, avec son riche héritage belge, est aujourd’hui une bière internationale appréciée dans le monde entier", rappelle-t-on au sein de la branche BeLux du groupe. "La bière belge a remporté le Best Beer Award 2019 en tant que meilleure pils internationale, ce qui s’est traduit depuis par des performances de vente impressionnantes dans le monde entier. Pour se préparer à cette croissance soutenue et assurer une gestion continue et plus durable de l’approvisionnement, les volumes produits à Jupille de Stella Artois destinés à l’exportation vers les pays non-européens vont progressivement être brassés localement. Ce transfert implique que ces volumes de Stella Artois vont se réduire progressivement, selon le rythme du changement de production, ce qui pourrait entraîner des pertes d’emplois à la brasserie de Jupille".

Paradoxe d’un produit dont la consommation est en pleine croissance et qui entraîne dès lors une réduction de la production dans le site originel de Liège… C’est aussi, diront les syndicats, les conséquences d’un choix managérial visant à réduire les coûts de production.

En termes de chiffres, on évoque aujourd’hui la suppression (maximum) de 29 emplois mais aussi la non-prolongation de 58 contrats temporaires actuellement en vigueur à la brasserie de Jupille, sur un total de 760 travailleurs… Comptons donc que cette décision entraînerait donc la suppression de 87 emplois.

Trouver des volumes alternatifs de production

"La direction belge d’AB InBev va analyser tous les scénarios, mais si aucun volume alternatif de production ne peut être trouvé pour Jupille, le personnel pourrait en conséquence être impacté progressivement, suivant le même rythme que la réduction des volumes […] Si aucune solution ne peut être trouvée, AB InBev a conclu une CCT d’entreprise qui assure que les ouvriers concernés ayant un contrat à durée indéterminée recevront un paiement supplémentaire de 36 mois, en plus de leur indemnité légale de licenciement".

Ce matin, un processus d’information et de consultation avec le conseil d’entreprise de la brasserie de Jupille a commencé concernant l’impact éventuel de la perte de volume de brassage et l’intention de licencier des travailleurs. Le management belge a fait savoir qu’il espérait "que la consultation se poursuive dans un climat constructif et que ce moment puisse constituer un nouveau départ pour la brasserie de Jupille".

On précise enfin que cette décision n’aura pas d’impact sur les autres brasseries belges.