Politique Charles Gardier, député libéral et codirecteur du festival musical, se dévoile.

Il n’est assurément pas le député liégeois le moins connu… Et ce malgré une carrière relativement récente, du moins en ce qui concerne les niveaux de pouvoir régional et communautaire. Car, âgé désormais de 54 ans et spadois d’origine (même s’il est né à Verviers), Charles Gardier est engagé politiquement depuis 30 ans.

Comme ce dernier le raconte, ses parents, un expert-comptable passionné de sport (il a cofondé les Crêtes de Spa) et une directrice d’internat pour jeunes filles engagée en faveur de l’environnement, ont joué un rôle important dans son parcours. "Mes parents étaient avant-gardistes à leur échelle dans leur vision du monde", souligne-t-il.

Toujours au rayon familial, une autre particularité de Charles Gardier est qu’il se nomme comme son père et son grand-père, de même d’ailleurs que son fils aîné, âgé de 23 ans. Issu d’une famille qui n’était pas politisée au sens partisan du terme, on lui a inculqué très jeune certaines valeurs dont "l’importance de l’accès à la culture pour tous".

Ses primes études, l’élève "difficile et un peu rebelle" qu’il est les réalise à Spa et à Ferrières tandis qu’il gagne Bruxelles puis Liège au début de ses études supérieures. Après des tentatives en langues et en HEC, il finit par effectuer un graduat en gestion hôtelière à Spa et à Verviers. Dans le même temps, l’organisateur né qu’il est fait un peu de radio libre et écume les clubs comme DJ.

La politique, "un moyen"

Passionné de musique, Charles Gardier dit avoir vécu "comme un drame" la fin du Festival de la chanson française dans les années 80. Et c’est sur les cendres de ce dernier que sont nées les Francofolies de Spa, qu’il a cofondées en 1994. Alors qu’il est venu à la politique locale six ans auparavant, la musique a été pour lui "un moyen de réaliser les choses qui [lui] tenaient à cœur en matière de culture, de jeunesse…"

Élu conseiller communal dès 1988, il a été en charge de l’office du tourisme et du thermalisme. Approché par feu le bourgmestre Joseph Houssa, son choix du PRL (ex-MR) était "assez évident". Disant se reposer la question de son engagement politique tous les cinq ans, il loue "la grande liberté" que lui offre son parti et affiche en outre sa proximité avec les Jeholet, Reynders, Bacquelaine…

Dès 1994, il est devenu échevin du Tourisme et du Thermalisme. Soit deux de ses matières de prédilection, qu’il estime "intimement liées". "Spa, que j’ai contribué à relancer à ce niveau, est la première ville thermale au monde. Ce n’est pas un problème local mais wallon car cela est source d’emplois et d’attractivité au niveau régional."

S’il n’a jamais été en charge de la culture, il a été attentif à la reconnaissance du centre culturel, tout comme il se réjouit de celle probable de la ville à l’Unesco. Devenu député communautaire en 2014, il a bénéficié de l’accession au poste de ministre de son chef de file régional afin de prêter serment au niveau wallon. Parmi ses priorités, cet accroc de Spa liste la revalorisation de la langue française, la végétalisation du parc immobilier, la création d’un ministère des Seniors…

Bruno Boutsen