Gazette de Liége

L'avocate générale a poursuivi lundi midi, devant la cour d'assises de Liège, la lecture de l'acte d'accusation dans le cadre du procès de l'assassinat de Valentin Vermeesch en mars 2017. Alexandre Hart, Belinda Donnay, Dorian Daniels, Loïck Masson et Killian Wilmet, sont accusés d'avoir séquestré, violé, frappé, menacé et assassiné le jeune de 18 ans, qui souffrait d'un handicap mental. Après avoir passé en revue la personnalité des cinq accusés selon les divers rapports psychologiques, l'acte d'accusation évoque la dynamique de groupe. Comment ces cinq jeunes en sont-ils arrivés à imposer des sévices à Valentin, qui les considérait comme ses amis?

Si les accusés sont peu instruits, oisifs, disposent de faibles repères et proviennent de milieux précaires, cela ne suffit pas à expliquer leur passage à l'acte, selon une psychologue.

Chacun était conscient de la vulnérabilité de Valentin, victime idéale prête à tout pour se faire accepter par les autres. Alexandre, perçu comme "celui qui fait peur" et "oriente les autres", menait la danse mais les autres bourreaux n'ont pas remis en question son sadisme. Les accusés avaient peu de conscience morale et de limites. "Pris dans une dynamique d'union et de puissance, aucun n'a eu le réflexe de se retirer, chacun trouvant une réponse à ses propres problèmes ou ses besoins. (...) S'ils déclarent tous avoir été soumis aux ordres d'Alexandre, c'est une façon pour eux de se déresponsabiliser."

L'acte d'accusation s'est achevé sur la personnalité de la victime. Valentin Vermeesch a grandi dans un milieu familial très précaire. Il a rapidement été orienté vers un enseignement spécialisé et présentait une déficience mentale.

Ses institutrices le décrivent comme gentil mais immature, incapable de se rendre compte des conséquences de ses comportements, tentant de se faire accepter des autres. Il présentait des problèmes d'hygiène, ses vêtements n'étaient pas adaptés, il manquait souvent l'école et sa vie sociale était pauvre, avec peu d'amis. Il est décrit comme hyperactif, difficile à canaliser, impudique, désinhibé et perturbateur.

On se moquait de lui à l'école. Il souffrait de strabisme divergent, était négligé au niveau médical et présentait une mauvaise dentition. Peu de temps avant son assassinat, il était livré à lui-même, en décrochage scolaire, sans avenir ou projet. Il était devenu "une proie facile prête à tous les excès, gentil, naïf et inoffensif comme un enfant", conclut l'acte d'accusation.