Cela fait désormais quasi dix ans qu’un projet d’extension du zoning des Hauts-Sarts, qui fut l’un des premiers de la province de Liège, a été initié par la Spi, soit l’agence de développement économique liégeoise. D’ailleurs, ne dites plus zoning mais bien parc d’activités économiques puisque c’est bien ainsi que cette dernière conçoit aujourd’hui ce type d’aménagements. Lesquels ne vont souvent pas sans susciter l’émoi des riverains des sites concernés. Et le projet dont il est question en l’espèce - à savoir la création d’une quatrième zone située au nord de la première et sur le territoire de la commune d’Oupeye - ne fait pas exception à ce constat.

Ce projet d’extension des Hauts-Sarts, qui s’étendent déjà sur plus de 450 hectares (ce qui représente quelque 320 entreprises et 9000 emplois) répartis entre trois zones situées sur le territoire de la commune de Herstal, concerne 60 hectares. Des hectares - dont dix sont destinés à être ce que la Spi qualifie de "zone tampon" - qui furent acquis pour cause d’utilité publique il y a donc déjà plusieurs années. Et si le projet fut retardé, c’est en raison notamment de plusieurs recours introduits par les riverains directs du site concerné. Mais depuis, la révision du plan de secteur a été avalisée par le gouvernement wallon et le projet est désormais mûr, du moins si l’on en croit la directrice générale de la Spi.

Pour Françoise Lejeune, il ne faut pas confondre ce projet avec les extensions envisagées en leur temps par la Spi en vue d’un restockage de terrains et qui n’avaient pas fait l’unanimité, y compris du côté des communes. Selon sa directrice générale, le projet d’extension du parc industriel des Hauts-Sarts est bel et bien nécessaire et est porteur d’un "plus", en termes de mobilité notamment. Et de défendre point par point les aménagements tant internes qu’externes envisagés. À savoir entre autres ces dix hectares qui ne seront pas dédiés à de l’activité économique.

Concernant les aménagements extérieurs prévus, si deux d’entre eux ne font pas vraiment débat (à savoir l’aménagement d’une bretelle d’accès de l’E313 à l’A601 et la réalisation d’une autre bretelle de l’E40 à l’A601), il n’en va pas de même, du moins parmi les agriculteurs concernés (voir ci-dessous), pour ce qui est des deux autres. À savoir la création d’un nouvel échangeur sur l’A601 au nord de la gare de Milmort et la réalisation d’une voirie de contournement qui relierait la zone 1 - et donc aussi la future zone 4 - audit échangeur. Voirie qui passerait à travers champs. "Cela doit permettre l’accès au futur échangeur et aussi le désengorgement de la sortie 34 de l’E40 car il y a une nécessité de fluidifier le trafic", estime Françoise Lejeune, pour qui "la volonté est de couper le moins possible les terrains agricoles concernés". Enfin, au sujet de l’équipement futur du parc, la défection récente du groupe Delhaize qui voulait y installer un centre de distribution n’inquiète pas outre mesure la directrice générale de la Spi: "Nous travaillons sur d’autres pistes et cela ne remet en rien en cause les aménagements prévus".