Rendu public au grand dam des autorités judiciaires liégeoises, l’assassinat d’Ahlam Younan, une Liégeoise de 28 ans, a secoué la Cité ardente. Serveuse dans un café du centre-ville et ancienne employée d’une boîte de nuit, cette jeune femme était connue et appréciée de tous.

Pourtant, dimanche après-midi, comme le mentionnaient nos confrères de Sudpresse, le corps sans vie d’Ahlam a été découvert dans son appartement de la rue de la Cathédrale.

Quelques heures plus tôt, inquiète de ne pas avoir de nouvelles de sa sœur cadette depuis plusieurs jours, Fadia Younan a appelé la police de Liège. Il faut écrire qu’Ahlam et Fadia avaient toutes deux été menacées par un des frères de la famille qui n’acceptait par le mode de vie à l’européenne des deux jeunes femmes.

Au vu de ces informations, les policiers ont pris cet appel au sérieux et se sont alors rendus sur place. C’est là qu’ils ont fait la terrible découverte.

Ahlam gisait sans vie. La malheureuse était sur son lit. Elle avait les mains ligotées dans le dos et avait été touchée d’une balle en pleine tête. L’arme a été retrouvée à côté d’elle.

La machine judiciaire s’est immédiatement mise en marche. Le juge d’instruction Stéphane Kerkhofs est descendu sur les lieux, accompagné, entre autres, d’un médecin légiste. Il est très vite apparu que la mort de la jeune fille remontait à plusieurs jours. D’ailleurs, les derniers signes de vie d’Ahlam, retrouvés par les enquêteurs, remonteraient au 29 décembre dernier.

Il est très vite apparu également que la jeune femme, issue d’une famille chrétienne d’origine syrienne, a parlé de ces menaces à plusieurs de ses ami(e)s et ce, même si aucun de ses frères ne vit en Belgique.

Pas d’interpellation

Ceci dit, selon les autorités judiciaires liégeoises, il s’agit d’une piste d’enquête comme les autres.

Des auditions ont, bien entendu, été entreprises dans l’entourage de la victime, mais force est de constater que certaines personnes manquent à l’appel. Signalons immédiatement que tous les membres de la famille d’Ahlam ne vivent pas en Belgique. Plusieurs ont trouvé refuge en Europe, principalement en Suède, d’autres vivant encore en Syrie.

Une chose semble sûre à l’heure d’écrire ces lignes, personne n’avait encore été interpellé. Le parquet de Liège, lui, se tait dans toutes les langues, ne voulant sans doute pas compliquer une enquête qui semble bien sensible.Jean-Michel Crespin