Les avocats des parties civiles ont soutenu, mercredi après-midi lors de leurs plaidoiries devant la cour d'assises de Liège, que Christine Dupont n'avait pas la volonté de se suicider. Ils ont écarté la thèse de la mise en œuvre d'un suicide commun et ils ont affirmé que l'accusé Francis Kaiser avait donné la mort à sa compagne pour des raisons que lui seul connait. Francis Kaiser avait mis fin aux jours de Christine Dupont, sa compagne quinquagénaire, le samedi 5 août 2017. Le couple aurait fait le projet d'un suicide commun. Après avoir mis en œuvre celui de Christine Dupont, Francis Kaiser n'avait pas eu le courage de procéder à son propre suicide.

Les avocats des parties civiles ont contesté la thèse du suicide en commun qui aurait été orchestré par le couple. Ils ont soutenu que, contrairement à ce que prétendait Francis Kaiser, le couple ne pouvait être affecté par des problèmes financiers insurmontables tandis que Christine Dupont ne présentait pas de tendances suicidaires récurrentes.

Selon Me Jean-Luc Flagothier, la situation financière de Christine Dupont ne s'était pas dégradée au point de créer une angoisse sévère conduisant à son envie de se suicider. Elle touchait 1.358 euros du chômage et avait vendu sa voiture pour 2.000 euros en juillet 2017. Elle ne payait pas de loyer et elle n'avait plus la garde de ses filles. "Depuis plus de dix ans, elle recevait une multitude de mises en demeure et de plis d'huissiers. Mais elle a toujours trouvé un plan B en cas de difficulté. Aucun élément objectif ne permet d'affirmer qu'elle ressentait une angoisse particulière de sa situation d'endettement", a affirmé Me Flagothier.

L'avocat a poursuivi en précisant que Francis Kaiser percevait 1.200 euros par mois et que son bailleur n'avait introduit aucune procédure d'expulsion. Il était endetté de manière chronique depuis des années mais il était insaisissable et savait qu'aucune retenue ne pouvait lui être appliquée. Il n'aurait donc eu aucune obligation à se presser de se suicider avec Christine Dupont.

Le conseil de la fille de la victime a également soutenu qu'aucun témoin n'a considéré que Christine Dupont avait des tendances suicidaires. "Il est impossible qu'elle ait pu vouloir en finir de cette manière. Ses amis ont tous précisé que ses précédentes tentatives de suicide étaient des appels à l'aide. Seul l'accusé connait sans doute les vraies raisons de la mort de Christine Dupont", a ajouté Me Flagothier.

Me Audrey Bellens, avocate de la seconde fille de la victime, a évoqué des mensonges et des contradictions dans le récit de Francis Kaiser. "Le postulat de base de la défense de Francis Kaiser repose sur la thèse d'un suicide commun. Mais ce projet de suicide commun n'a jamais existé. L'accusé tente d'alléger sa responsabilité. Il n'y avait pas la moindre volonté de commencement de projet de suicide dans son chef lorsqu'il est sorti de la chambre où il avait donné la mort à Christine Dupont", a plaidé l'avocate.

La partie civile a encore soutenu que Francis Kaiser devait être reconnu coupable d'avoir commis l'assassinat de Christine Dupont.