Gazette de Liége

Grande émotion devant l’Athénée Léonie de Waha, en présence des familles des victimes

Le bourgmestre de Liège, le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, le chef de corps de la police de Liège, des membres de l’école Léonie de Waha… et des policiers, de nombreux policiers. Sans compter les familles des victimes, dont la police de Liège bien sûr. Une foule muette s’est rassemblée ce mercredi 29 mai 2019, devant le parvis de l’Athénée Léonie de Waha à Liège, boulevard d’Avroy. Un an tout juste après le dramatique attentat ayant coûté la vie à trois personnes, Liège s’est souvenue  : le jeune “Cyril Vangriecken, lâchement assassiné à l’âge de 22 ans”, pouvait-on lire sur la stèle inaugurée ce mercredi sur la façade du café Aux Augustins, mais aussi “Soraya Belkacemi et Lucile Garcia, agentes de police abattues dans l’exercice de leur devoir”.

Un an après cet acte de folie commis par Benjamin Herman, abattu devant l’Athénée par le peloton antibanditisme alors qu’il s’apprêtait à faire d’autres victimes, les discours prononcés devant la stèle révélaient un traumatisme encore bien présent.

“Cet attentat lâche qui n’aurait jamais dû se produire”, commentait le ministre de l’Intérieur, “nuit de manière durable à la confiance nécessaire entre riverains”. “Comment pouvons nous triompher par rapport à ceux qui rejettent notre mode de vie ? En vivant avec plus de convictions encore”, a affirmé le politique.

Pour le bourgmestre de Liège, “beaucoup de questions se posent encore face à l’horreur et l’incompréhension”. Willy Demeyer a fait part de sa peine ce mercredi mais a aussi voulu plaider pour une police et une justice plus fortes en cette triste date anniversaire  : “La Ville a déjà développé de nombreux projets en matière de prévention contre le radicalisme et contre les intrusions armées mais ce 29 mai 2018, cela n’a pas suffi”, a-t-il reconnu. “Aujourd’hui, je plaide, Liège plaide pour que toute la chaîne de notre sécurité soit réorganisée et soit refinancée […] Il en va de notre démocratie”.

Mais c’est sans conteste les familles des victimes qui semblaient le plus profondément touchées par ce triste anniversaire. Et parmi ces familles, Christian Beaupère donc, chef de corps de la police de Liège, qui a perdu deux agentes… “Nous avons perdu des vies au nom d’une cause que personne ne comprend. Ce jour-là, la police était la cible, ne nous voilons pas la face… et nous le sommes toujours”.