Visite dans les galeries de la Cile à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau.

L’eau que vous voyez ici et que nous traversons est directement potable", commente Bernard Michaux, directeur de production de la Compagnie intercommunale liégeoise des eaux (Cile), qui assure la production et la distribution d’eau potable par canalisations pour 24 communes en province de Liège.

À 30 mètres de profondeur, après une descente par échelles au départ d’un puits de contrôle à Fexhe-le-Haut-Clocher, se dévoile une eau claire, prise au piège au sein des 45 km de galeries situées en sous-sol du territoire hesbignon. Le niveau de celle-ci arrive ce jour légèrement en dessous du genou. "C’est une eau forte chargée en calcaire", explique notre guide du jour tout en avançant dans la galerie sombre faite… de calcaire.

Avant d’arriver ici, l’eau (de pluie) suit un long cheminement (6 à 18 mois), s’infiltrant lentement dans le sous-sol à travers diverses couches géologiques (limon, silex et craie), qui vont permettre de la filtrer et d’acquérir ses qualités minérales. La couche de craie, formée il y a 140 millions d’années, est retenue à sa base par de l’argile smectique.

"La nappe phréatique de Hesbaye est le deuxième aquifère par ordre d’importance de Wallonie", précise le responsable. Les galeries produisent ainsi près de 45 000 mètres cubes par jour, permettant d’alimenter près de 400 000 consommateurs en eau potable.

"Les premières galeries ont été creusées en Hesbaye dès le milieu du XIXe siècle", poursuit-il, avant une poursuite des travaux pendant plus de cent ans. Elles sont orientées suivant la direction est/ouest, perpendiculairement au sens d’écoulement des eaux souterraines.

"Dans les galeries sud, l’eau s’écoule sous le simple effet de la gravité, tandis que celle collectée dans les galeries nord, à 60 m de profondeur, doit être relevée par trois stations de pompage vers les galeries sud." Ces dernières sont reliées par 17 km d’aqueducs permettant à l’eau de ruisseler par gravité vers les unités de production situées à Grâce-Hollogne et Ans, qui représentent 50 % de la production en eau de la Cile.

Une station de traitement

Au terme du processus, avant la distribution de l’eau au sein des foyers, "nous ajoutons une goutte de chlore pour 1 000 litre d’eau, pour prévenir les risques de contamination bactérienne pouvant survenir au cours de leur transport dans les canalisations", explique Bernard Michaux, directeur de production à la Cile.

En raison notamment de pratiques agricoles, une partie des eaux captées en Hesbaye (et destinées au centre de production d’Ans, soit près de 35 000 m3 par jour) est acheminée vers la station de traitement des eaux de la Cile, à Ans, afin d’abattre leur teneur en nitrate et pesticides au sein des différents bassins. "Quand l’eau arrive, elle subit deux traitements en série : un gravier va transformer le nitrate en azote, puis elle sera débarrassée des produits phytosanitaires à l’aide de filtres de charbon actif en grains."