Gazette de Liége

Un Erythréen est arrivé à l'hôpital. Là, on a compris qu'il avait été renversé par une voiture de police

Mercredi soir, trois hommes se sont présentés l’hôpital de la Citadelle, à Liège. L’un d’entre eux était mal en point été a été très rapidement pris en charge par le service des urgences.

Il s’est alors avéré que les trois hommes étaient d’origine érythréenne et se trouvaient en situation de séjour illégal. D’ailleurs après avoir déposé leur ami, les deux accompagnants ont pris assez rapidement la poudre d’escampette. Mais avant de partir, ils ont évoqué dans un anglais approximatif ce qui serait arrivé à leur compagnon.

C’est là que les choses ont pris une tournure inhabituelle puisqu’un membre du personnel a compris que le blessé avait été percuté par une voiture de police du côté d’un camp de fortune situé à Barchon.

Les autorités judiciaires ont été immédiatement averties et ont pris la chose au sérieux. Selon les premiers éléments recueillis, les faits auraient eu lieu près du parking autoroutier de Barchon.

Du coup, la zone de police de Liège a été avertie (puisqu’elle n’est pas concernée) et a été chargée de l’enquête. Les policiers ont donc identifié et contrôlé toutes les voitures de police qui auraient pu passer par le parking autoroutier ou ses environs. Aucune ne portait la moindre trace de choc qui aurait pu expliquer les blessures de la victime.

Mais en menant ces investigations, les policiers ont retrouvé les deux personnes qui avaient amené le blessé à l’hôpital. Ces derniers ont évidemment été entendus ce qui s’était passé.

Il s’est ainsi avéré que personne n’avait percuté le blessé. En fait, dans la soirée de mercredi, une patrouille de police est arrivée à Barchon. Les trois hommes qui se trouvaient sur place ont voulu éviter le contrôle et se sont mis à courir. C’est là qu’un des hommes a perdu l’équilibre et est lourdement tombé sur le sol, la tête heurtant violemment le bitume. Les policiers, eux, ne se sont rendu compte de rien et ont poursuivi leur chemin.

Après leur audition, les deux Érythréens ont été laissés en liberté. Les nouvelles en provenance de l’hôpital étaient, elles, rassurantes.