Après quinze ans d'attente, beaucoup espéraient voir cette semaine des éléments neufs, et surtout concrets, versés au dossier Bavière.

Hélas, ces derniers devront encore attendre puisqu'au lendemain de la clôture de l'appel à intérêt général à l'issue duquel les promoteurs et architectes intéressés par le site devaient remettre leurs projets, la Ville a décrété un « black-out total sur le sujet», pour reprendre les termes de l'échevin CDH de l'Urbanisme, Michel Firket.

Officiellement, la Ville dit « vouloir se donner le temps d'examiner les différents dossiers rentrés, ainsi que leur recevabilité», mais ce refus de communiquer, même au sujet du nombre de dossiers rentrés, amène certains observateurs avertis à la conclusion suivante: très peu de dossiers - voire aucun - n'ont été rentrés. « Un délai de 3 mois, de juin à septembre, pour un tel projet, c'est beaucoup trop court», nous explique un architecte liégeois qui avait un moment envisagé de proposer un projet et qui se dit aujourd'hui « curieux de savoir combien de dossiers ont été remis, ainsi que leur teneur».

La vertu dissuasive du prix

Acquis il y a quinze ans par Tractebel au CPAS de Liège, le terrain devait accueillir un projet porté par le groupe. On a ensuite parlé d'un espace sportif, de la RTBF, ainsi que d'une salle de 14000 places, avant de revenir à 300 ou 400 logements dits «de qualité», à la demande de la Ville. Mais selon Laurent Minguet, patron de la société audiovisuelle EVS et promoteur immobilier impliqué dans de nombreux projets liégeois, c'est justement de qualités que manque ce terrain, surtout en raison de son prix, jugé exorbitant par l'homme d'affaires.

Tractebel a en effet acquis ce terrain il y a 15 ans pour une somme avoisinant les 100 millions de francs belges. Des dépenses ont ensuite été faites pour assainir le site et, en bonne société d'investissements, Tractebel compte sur une plus-value de 7pc par an. «

Tous ces éléments portent aujourd'hui la facture à 200 euros par m2 , et même si l'apport gratuit d'un peu plus d'un hectare par la Ville permet de flirter avec les 120€ , cela reste excessif quand on sait que des terrains du même type se négocient entre 10 et 12 € par m2 dans la périphérie», analyse Laurent Minguet avant de conclure par ces mots: « Bavière est très mal parti sur la route de la rentabilité».

© La Libre Belgique 2005