Cette fois, le personnel des greffes et parquets de Liège en a assez. Les conditions de travail et surtout de sécurité sont telles qu'un jour ou l'autre un accident va arriver. Pour ne pas jouer avec des allumettes, le personnel a donc décidé, en front commun syndical CSC Services publics, CGSP et SLFP, de déposer un préavis de grève à son employeur: le ministre de la Justice Laurette Onkelinx.

«La sécurité du personnel judiciaire, des avocats et des justiciables n'est plus assurée, explique le délégué syndical CSC Jean Metzmacher. Pour vous en convaincre, il suffit de penser aux différents incidents survenus ces dernières semaines.»

Et le délégué d'énumérer une liste d'incidents. Selon lui, le complexe judiciaire de la rue St-Gilles est le plus affecté par la chute de plafonds, de briques ou de luminaires dans les salles d'audience et sur les bureaux des employés. Des marches d'escalier descellées depuis un an bloquent une sortie de secours. Un membre du personnel est en incapacité de travail depuis un an tandis qu'une ardoise a frôlé un passant dans sa chute. Plusieurs incidents ont épargné certaines victimes par chance.

A l'îlot St-Michel, qui abrite le tribunal de commerce, ce sont des fenêtres qui tombent et s'écrasent dans les salles d'audience sur les ordinateurs ou sur les bancs des avocats. Rue du Palais, l'annexe est déclarée insalubre, le moyen d'évacuation de secours est toujours constitué d'une corde à noeuds.

Il y a quelques mois, c'était au palais de Justice qu'une moulure tombait du plafond, pulvérisant un bureau de greffier. Par chance, c'était le week-end.

«Tant les gestionnaires des bâtiments que le conseiller en prévention ont déjà adressé de nombreux courriers à la Régie des bâtiments (SPF Finances) pour dénoncer ces faits. Sans succès à ce jour et même sans accusé de réception. Pourtant, la sécurité n'a pas de prix quel que soit le budget.»

Le préavis arrive à échéance le 23 juin prochain. Si à cette date, rien ne s'est passé, des actions pourraient débuter.

© La Libre Belgique 2006