Gazette de Liége

D'UN JOUR... A L'AUTRE

Bavière, du sport pour tous!

Communauté urbaine par ci, communauté urbaine par là! Même si les manoeuvres se déroulent en coulisses, cette problématique apparaît parfois au grand jour avec un cas concret, comme lorsque William Ancion lance un cri d'alarme en faveur du projet Bavière (cité des sports, logements, commerces et espace culturel). Tout est fin prêt pour que ce projet de 6 milliards de FB se réalise constate l'échevin des finances liégeois. Le promoteur Bouygues, qui dispose de deux conventions avec la Ville de Liège, attend à présent que le public s'engage, notamment à travers le rachat des infrastructures sportives (piscine, hall omnisport, patinoire,...). Liège n'a pas besoin d'autant d'infrastructures relève William Ancion qui a néanmoins déjà introduit un dossier de subsidiation et obtenu auprès du ministre des infrastructures sportives, Michel Daerden, une promesse supérieure à 500 millions de FB. Mais une telle subvention de la Région wallonne ne peut se justifier pour la seule cité ardente. Il est donc impératif que d'autres communes se lancent dans le bain. Malgré les efforts du ministre, le dossier semble rejeté par beaucoup de protagonistes de la communauté urbaine. Tous sont d'accord sur l'intérêt du projet, lequel malheureusement cale sur des questions de leadership, de partages de compétences, etc. regrette l'échevin allié du ministre en la circonstance. Pourtant, la communauté urbaine, c'est bien aussi du sport! (F.V.V.)

INTERNET

LE SITE DE LA SEMAINE

La tour cybernétique en... virtuel

Un lecteur me signale avoir découvert un site consacré à la tour cybernétique de Liège à l'adresse www.olats.org/schoffer. Le chapitre qui nous intéresse est hébergé sur le site OLAT (Observatoire Léonardo des Arts et des Techno-Sciences). Le site propose outre la page d'accueil, une biographie de Nicolas Schöffer et un intitulé mises à jour . On trouve toute l'histoire et des images de la tour en assemblages métalliques inaugurée à côté du palais des congrès à Liège en 1961. Sa fonction actuelle se limite à être un perchoir idéal pour les oiseaux. Dans la nomenclature des oeuvres se trouve la description de la manifestation inaugurale. La tour lumineuse s'intégrait dans une sorte de spectacle Formes et lumière qui, commandé par un cerveau électronique, intégrait la façade du palais et même la Meuse avec les effets lumineux et sonores. Les compositions lumineuses abstraites du spectacle étaient accompagnées par une musique électronique composée par Henri Pousseur. Musique qui fut, à l'époque, refusée par les riverains peut-on lire dans la présentation. Ce qui est une discrète allusion aux vigoureuses réactions suscitées chez les Liégeois par cette cacophonie sonore et lumineuse.

De l'avis des initiés, Liège se distinguait en permettant qu'un espace urbain serve de support à une pensée novatrice. On lit aussi qu'en 1978, la tour, le palais des congrès et les berges de la Meuse ont été classés dans le Patrimoine historique de la région wallonne. Le site propose plusieurs images de la tour cybernétique mais aussi de bien d'autres réalisations de Nicolas Schöffer qui est né en Hongrie en 1912 et décédé à Paris en 1992. L'an prochain, on fêtera donc le 90e anniversaire de sa naissance et le 10e anniversaire de sa mort! L'occasion d'attirer l'attention sur la fameuse tour ? Pourquoi pas! (L.P.)

Histoire

CHRONIQUE

Le Liégeois de l'Art Nouveau

L'exposition vers la modernité - Le XIXe siècle au Pays de Liège qui se tient jusqu'au 20 janvier au Musée de l'Art wallon & salle St-Georges, en Féronstrée, est une véritable mine de découvertes en tous genres. Une section très importante est ainsi réservée à l'oeuvre de Gustave Serrurier-Bovy, ce Liégeois qui mérite bien de partager la réputation du Bruxellois Horta, dans le domaine du style auquel on a donné le nom d'Art Nouveau. On a rarement l'occasion d'admirer un ensemble comme celui qui est exposé là. On lira avec beaucoup d'intérêt le chapitre consacré aux Arts décoratifs signé par Julie Bawin et Jean-Luc Graulich, dans le magnifique catalogue de l'exposition. Selon Julie Bawin, c'est lors de l'Exposition de 1905, que Serrurier-Bovy (Gustave Serrurier avait adjoint à son nom celui de sa femme, pour la maison qu'il avait ouverte rue de l'Université) applique à la lettre sa volonté de créer un mobilier pour un très large public: art dans tout et art pour tous. C'est à lui que l'on doit la découverte des premiers exemples du mobilier en kit. L'exposition propose plusieurs pièces extrêmement intéressantes, notamment une salle à manger et un salon; une chaise papillon retient l'attention notamment parce qu'elle fait partie du mobilier que Serrurier Bovy avait créé pour une chambre d'artisan. Je voudrais montrer, avait-t-il écrit à cette occasion, que l'art n'est nullement au service de la richesse seulement. Bien au contraire, le goût a plus à craindre du luxe que de la modestie. Et les exigences de la simplicité lui sont moins dangereuses que les facilités de l'opulence.

L'exposition propose aussi des bibelots, donnant chaleur et personnalité aux ensembles de mobiliers. Tout au plus peut-on regretter les rayons désespérément vides d'une superbe bibliothèque. Qui plus est, les cloisons qui délimitent les ensembles de meubles, sont décorées de pochoirs également signés de Serrurier-Bovy (on peut en acquérir des copies à l'expo). On s'attardera devant un superbe piano dont le panneau supérieur à été peint par le Liégeois, Emile Berchmans. (L.P.)

On lira aussi avec intérêt le livre récemment publié aux éditions du Perron: L'oeuvre d'une vie, Gustave Serrurier-Bovy, architecte et décorateur liégeois 1858-1910 par Jacques-Grégoire Watelet.

© La Libre Belgique 2001