Une chose est sûre : "Liège Trilogiport" n’en finit pas de déchaîner les passions et ce même si, politiquement parlant, une unanimité existe au niveau des différentes fédérations politiques de l’arrondissement pour le mener à bien. Pour rappel, en termes chiffrés, ce projet d’ampleur vise à construire sur des terrains industriels situés à Hermalle-sous-Argenteau, en bordure de Meuse, une plate-forme multimodale de quelque 100 hectares destinée à accueillir de manière optimale les entreprises utilisatrices de la voie d’eau et qui pourrait à terme contribuer à créer environ 2000 emplois. Souvent qualifié de "projet incontournable pour le redéploiement économique liégeois" et fort d’investissements publics estimés à près de 45 millions d’euros (en provenance tant de la Région wallonne que des fonds européens Feder), le Trilogiport devrait permettre au Port autonome de Liège de "se positionner plus que jamais en tant que zone portuaire idéalement située dans l’hinterland naturel des grands ports maritimes".

Le hic, c’est que malgré ces arguments d’ordre économique et l’importance en termes d’emplois futurs que doit constituer la mise sur pied de ce véritable village multimodal à l’horizon 2013-2014, ce projet a connu, c’est le moins que l’on puisse écrire, un certain nombre de lenteurs et autres couacs. Et si l’on en croit les derniers soubresauts dans ce dossier jugé complexe par Willy Demeyer, bourgmestre de Liège et président du CA du Port autonome, il semble que cela ne soit pas encore terminé. Mais envisageons tout d’abord les bonnes nouvelles enregistrées ces derniers temps par les tenants du projet du Trilogiport, à commencer par le dépôt de la demande de permis d’urbanisme, qui a eu lieu à la fin de l’été dernier et au sujet duquel les autorités avaient d’ailleurs tenu à l’époque à communiquer leur satisfaction. Ce dépôt avait, pour rappel, succédé à une phase procédurale constituée par l’enquête publique et par l’étude d’incidences qui avaient été réalisées préalablement.

Depuis lors, la balle est revenue dans le camp des autorités communales concernées par ce projet, à savoir celles d’Oupeye et de Visé, et de leurs Conseils respectifs qui ont eu à se prononcer récemment non pas sur le projet en tant que tel mais bien sûr les diverses modifications de voirie inhérentes à celui-ci. Ainsi, lors de Conseils communaux tenus simultanément le 23 février dernier, tant Visé qu’Oupeye ont rendu un avis favorable au projet tout en se prononçant sur un accès unique au futur Trilogiport via le fameux pont Nord qui doit déboucher chaussée d’Argenteau. Mais cet avis, adopté à l’unanimité à Oupeye et pas du côté de Visé, fut assorti de conditions en matière de circulation des poids lourds et compte tenu de l’important charroi annoncé. A cette crainte légitime des riverains, y compris lors du chantier devant mener à la réalisation de la plate-forme multimodale, s’ajoute notamment celle ayant trait à la pollution, qu’elle soit chimique ou particulaire, et donc aux risques éventuels encourus par les riverains en termes de santé (voir ci-contre à ce sujet).