Il fallait s’y attendre : moins d’un mois après la décision du ministre wallon Philippe Henry (Ecolo) d’annuler le permis de bâtir octroyé pour le Central Piazza à Soumagne, le promoteur du projet, Property&Advice, a décidé d’aller en recours contre cette décision ministérielle.

Pour rappel, le projet a vu le jour en 2007 et après bien des démarches infructueuses, le permis d’urbanisme pour la construction de ce centre commercial de 20.000 m², pouvant accueillir une vingtaine d’enseignes en lieu et place d’un chancre le long de la N3, était accordé par la commune le 4 juillet dernier. Le permis comprenait aussi la création d’un rond-point sur la Nationale pour sécuriser l’accès au complexe.

Mais c’était sans compter sur le fonctionnaire délégué de la Région wallonne qui, une dizaine de jours plus tard, suspendait ledit permis et demandait au ministre de statuer. Lequel rendait son verdict négatif le 23 août, le jour même de l’octroi du permis socio-économique par la Région !

En cause : le fait qu’une seule demande de permis d’urbanisme ait été introduite à la fois pour la construction du centre commercial et du rond-point. Selon le ministre Henry, il aurait fallu dissocier les deux projets : le collège communal ne serait pas compétent pour délivrer le permis pour le rond-point. "Nous sommes complètement éberlués par cette décision, confie Hubert Coussement, le gérant de Property&Advice. Il semble qu’en fonction des provinces, le code d’urbanisme édicté par la Région wallonne diverge."

Et de prendre pour exemple le projet de centre commercial de Genappe (Brabant wallon) pour lequel la société n’a dû introduire - et elle l’a obtenu - qu’un seul permis de bâtir pour les immeubles et un rond-point sur la N5. "Les deux dossiers de Soumagne et de Genappe sont en tous points similaires, assure Hubert Coussement. Il s’agit à chaque fois d’un retail park se situant le long d’une Nationale dans une zone d’activité mixte. Mais d’un côté, on accepte que le rond-point soit associé au projet (NDLR : c’est souvent une exigence des communes pour s’assurer que le carrefour giratoire sera bien construit à charge du promoteur) et de l’autre pas. C’est incohérent."

Et Hubert Coussement de dénoncer l’insécurité juridique dans laquelle les investisseurs privés se retrouvent. D’autant que ces "tracasseries administratives" ont un coût pour l’entreprise. "En 2006, le coût du complexe était estimé à 45 millions d’euros. Aujourd’hui, avec le retard, on passe à 50 millions avec l’index. On espère pouvoir ouvrir le centre à l’été 2014."