Il est chaud le dossier de la liaison, mais il est loin d'être clair, du moins pour tout le monde.

Comme nous l'évoquions précédemment (LLB, Gazette de Liége 22/08/07), le dossier plus que polémique de la liaison Cerexhe-Heuseux/Beaufays - prévoyant une liaison autoroutière reliant la E 40 à la E 25 afin de désengorger Liège - est actuellement en phase de finalisation.

Précédant l'octroi du permis introduit par une demande du ministère wallon de l'Equipement et des Transports (Met), l'enquête publique s'est effectivement clôturée à la mi-août. En raison du nombre important de réclamations quant au projet, des réunions de concertation avec les riverains devaient avoir lieu dans les communes traversées par la future liaison, soit Soumagne, Fléron, Trooz et Chaudfontaine. Dans ces trois premières, elles ont eu lieu ces lundi, mardi et mercredi. Selon des rumeurs, les discussions furent "courtoises, mais fermes" , l'opposition au bien-fondé du projet y étant bien représentée.

Concertation sur la forme

Trois réunions ont donc déjà eu lieu. Et comme le prévoit la procédure, ce sont 5 représentants des réclamants, 5 de l'administration communale et 5 du demandeur de permis, en l'occurrence le Met, qui se sont retrouvés autour la table. Si ces séances se déroulent à huis clos, un vent favorable nous a ramené certaines bribes des discussions qui s'y sont déroulées. Et contrairement à ce qui avait été annoncé lors de la remise des réclamations, le fond du projet est autant polémique que la forme.

Effectivement, lors des premières concertations, chaque groupe de réclamants était composé d'un membre du groupement CHB, profondément opposé au projet. "Et je compte moi-même participer à la réunion prévue à Chaudfontaine" , précise Frédéric Falisse, président du groupement.

D'entrée donc, les réclamants ont marqué leur désaccord aux représentants du Met, remettant en cause le bien-fondé du projet.

Seulement voilà, comme le veut également la procédure, ces réunions ne sont nullement prévues pour remettre en cause le projet lui-même mais bien pour que les riverains puissent faire part de leurs éventuelles inquiétudes quant à l'aménagement de la liaison. Bref, "un échange visant à envisager des solutions au cas par cas" , précise André Delecour, responsable liégeois pour la Région wallonne de la division de l'Aménagement du Territoire. Un état de fait d'ailleurs reconnu par le groupement CHB qui avoue que les discussions ont logiquement tourné vers des problèmes plus particuliers d'aménagement de certaines zones aux alentours de la future liaison.

Le non à CHB serait donc définitivement obsolète ? "Certainement pas" , remarque Frédéric Falisse qui évoque toujours la ferme intention du groupement CHB de faire la lumière sur la légalité du tracé comme sur celle de l'appel à projet ayant accordé la réalisation des travaux à la Sofico. Et toujours plane l'ombre d'un recours, quand bien même le ministre CDH wallon de l'Aménagement du Territoire André Antoine octroierait le permis. Ce dernier devrait prendre une décision pour la fin d'année.