Rares sont les projets dont l'attente de réalisation fut aussi longue. Voici trente ans que la liaison entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays (CHB), reliant l'E 40 à l'E 25, principalement pour prévenir un engorgement autour de Liège, est évoquée. Et toujours rien n'est sorti de terre. Ces deux derniers mois, toutefois, une étape de plus vient de s'achever, celle de l'enquête publique. Les riverains du projet qui traverse cinq communes (Sprimont, Chaudfontaine, Trooz, Soumagne, Fléron) ont pu faire part de leurs inquiétudes. Ils ont été nombreux à exprimer leur mécontentement, mais des nuances sont à souligner.

Questions d'aménagements

Sans surprise, on s'attendait à voir affluer les réclamations, tant l'opposition était présente. Une ASBL du nom de la liaison s'était notamment fait le porte-drapeau du "non" au projet. C'est la pertinence en matière de mobilité et l'impact néfaste sur l'environnement qui sont pointés du doigt.

Lors de l'enquête, près de 1 300 signatures ont été récoltées. Ce sont les communes de Soumagne (avec 700 signatures) et de Fléron (300) qui se classent en tête. Des chiffres impressionnants donc, mais dont le résultat semble moins incisif qu'il n'y paraît. Effectivement, selon les communes, les réclamations remettraient moins en cause le projet en lui-même que ses abords. A Soumagne, on ne mentionnerait que 50 réels opposants et à Fléron, ils ne seraient qu'une dizaine. Et l'ASBL dans tout cela ? "Nous n'avons pas tenu ici à influencer qui que ce soit, nous désirions que les signatures soient spontanées, souligne José Mélard, administrateur de l'ASBL. Ainsi, on ne pourra nous accuser d'avoir fait une simple récolte de signatures." Une critique est toutefois avancée, celle de l'effet d'annonce qui se fait sentir : "A force de dire que la liaison se fera, les gens finissent par y croire et concentrent leurs remarques sur des questions d'aménagements."

Pour l'ASBL d'ailleurs, les communes tenteraient également de minimiser le chiffre des réels opposants au projet. C'est un jeu d'influence.

Une chose est donc certaine, l'opposition au projet n'est pas morte. L'association suivra de près les réunions de concertation prévues avec les riverains. Tout comme elle tient à souligner que la lumière n'a toujours pas été faite sur l'absence d'appel d'offres et la désignation de la Sofico pour la prise en charge des travaux. En toute logique, une décision devrait être prise d'ici fin d'année à la Région. On parle du début des travaux pour 2009.