Mardi dernier, ce qui semble avoir été une mauvaise manoeuvre de la part de Chimac-Agriphar, société spécialisée dans les insecticides et autre fongicides, située à Seraing, allait engendrer bien des soucis à la police de l'environnement (DPE). Par accident semblerait-il, l'entreprise reconnaît avoir déversé dans les eaux 80 kg d'insecticides. Et au même moment, plusieurs milliers de poissons étaient mystérieusement empoisonnés. Corrélation ? Rien n'est sûr mais le ministre wallon de l'Environnement Benoît Lutgen (CDH) a interdit la pêche. Les analyses sont en cours. Et Chimac se rebiffe...

Ce lundi, en effet, la société - gênée, on l'imagine - tente de démentir ou plutôt de vérifier la véritable corrélation entre le rejet des insecticides et la mort des poissons. Elle réclame une enquête. Les produits pourtant sont loin d'être du petit-lait...

Substances cancérigènes

Chlorpyriphos et cyperméthrine, tels sont les deux types d'insecticides que Chimac reconnaît avoir malencontreusement laissé échapper dans les eaux mosanes. Si, actuellement, les analyses sont en cours, la DPE parle déjà de dangers pour les poissons mais pas pour les humains... Et pourtant. Selon Jean-Claude Philippart, biologiste et chercheur FNRS, ces deux substances sont relativement dangereuses, y compris pour l'homme. Après vérification, effectivement, il apparaît que les pyréthrinoïdes (famille à laquelle appartient le cyperméthrine) dont l'effet toxique est répulsif près d'un mois, seraient suspectés d'être cancérigènes : "Des désordres cérébraux et de la locomotion, de la polyneuropathie, une diminution de l'immunité ont été constatés chez l'homme." "Après intoxication aiguë" , certes, mais la vérification est plus que de mise, comme l'interdiction de pêcher.