Gazette de Liége Élu député fédéral, il poursuivra sa fonction de bourgmestre de Wanze sans être payé.

Né à Huy et habitant Wanze depuis toujours, Christophe Lacroix n’a pas attendu l’âge adulte pour faire entendre sa voix et poser son premier geste citoyen.

Âgé de 12 ans, "j’ai écrit au bourgmestre pour lui demander d’installer une aire de jeu, près de la salle communale, dans le hameau de Longpré où j’ai grandi. J’ai eu une réponse, on n’a pas eu une aire de jeux mais on nous a installé un but de football", se souvient-il.

Durant sa licence en Histoire à l’ULiège, il milite au sein des jeunes socialistes. "J’ai été repéré par les anciens du parti à Wanze qui m’ont sollicité pour être candidat aux élections communales en 1988". Il est alors élu conseiller aux côtés de l’actuel échevin des Travaux Bernard Lhonnay et de l’ex-échevin Alain Bolly. "Et puis l’aventure a continué", poursuit celui qui décrit son parcours comme étant "le fruit du hasard et de rencontres".

Il gravit progressivement les échelons devient : échevin (1995-2000), premier échevin (2001-2012), député provincial (2006-2012), échevin et député fédéral (2012-2014), sénateur et chef de groupe, puis ministre wallon (2014-2017) et enfin bourgmestre (depuis octobre 2017). De nature anxieuse et perfectionniste, l’homme se démarque par sa maîtrise des dossiers et sa qualité de pédagogue.

Troisième sur la liste provinciale pour les élections fédérales en mai dernier, avec 17 094 voix, l’homme de 52 ans figure parmi les cinq députés socialistes liégeois élus. Il reste bourgmestre de Wanze. Un cumul de fonctions uniquement, et non plus financier, suite à la politique adoptée par son parti en juillet 2017. Il était pourtant partisan avec Paul Magnette d’un décumul intégral car "il me semblait qu’un électrochoc était nécessaire. J’ai d’ailleurs renoncé à mon salaire de bourgmestre depuis le 1er juillet". Un salaire qu’il reversera à la commune. "Lorsqu’on est une femme ou un homme de gauche, on doit avoir un rapport très clair avec l’argent. L es courses aux mandats rémunérés m’ont toujours exaspéré."

Pourquoi avoir choisi le fédéral ? "Car Christophe Collignon est le chef de file de l’arrondissement aux régionales et je ne voulais pas réclamer cette première place." Par ailleurs, "les combats au niveau fédéral liés aux enjeux de sécurité sociale, de bien-être de la population (soins de santé, retraite, salaire minimum, réduction de temps de travail) sont des enjeux qui me passionnent. Les enjeux en termes de sécurité (police, zones de secours) ont aussi des impacts importants pour les pouvoirs locaux".

En outre, "quand on est député fédéral et bourgmestre, on peut faire entendre la voix des petites et moyennes communes, qui à côté des grandes villes peuvent souffrir des décisions qui sont prises par des pouvoirs supérieurs". Et de prendre pour exemple la mobilité liée au ferroviaire : "La gare de Statte est menacée fréquemment de fermeture, ce n’est plus qu’un arrêt. C ela peut sembler dérisoire au niveau fédéral mais c’est un enjeu majeur au niveau local." Et de souligner aussi les enjeux liés à la fermeture de la centrale nucléaire de Tihange prévue à l’horizon 2025.

Enfin, pouvoir garder un pied sur le terrain fait que "vous accordez beaucoup plus d’importance aux impacts sur les gens et vous n’êtes plus un simple technocrate".