La hausse du nombre de cas positifs au Covid en région liégeoise, comme ailleurs, se fait sentir… tandis que les centres de dépistage de nos grands hôpitaux ont été pris d’assaut. Conséquence : ils ferment et/ou adaptent leurs horaires afin de résorber leur retard. Mais, ce mercredi en fin de journée, le CHU annonçait aussi franchir une étape supplémentaire destinée à gérer un nouveau pic d’épidémie : suite à une réunion de la cellule de crise, il a été décidé que le CHU de Liège entamerait "la déprogrammation progressive de l’a ctivité non nécessaire et non urgente" … En d’autres termes, il s’agit de faire de la place pour les patients atteints de Covid mais aussi d’être en capacité de gérer dans les semaines à venir les autres pathologies urgentes.

Au CHU de Liège, la question est bien sûr : quels sont les actes jugés non urgents et dans quelle proportion seront-ils déprogrammés ? "Ils le seront à raison de 30 %", nous précise Louis Maraite, porte-parole du CHU de Liège. Soit 300 actes sur un total de 1 000 par mois en moyenne. Quant à la qualification "non urgente", la main est laissée aux spécialistes… "Ce sont en effet les chirurgiens qui reconsidèrent les indications opératoires", poursuit le porte-parole ; la pose d’une prothèse de hanche étant plus facilement reportée qu’un pontage oarto-coronaire, doit-on comprendre. De même qu’en oncologie "l’urgence peut être relative : il y a des cancers qui se métastasent plus vite que d’autres". Il s’agit bien sûr d’en tenir compte dans le cadre de cette déprogrammation.

Cette décision prise mercredi sera d’application dès lundi au CHU de Liège avec une réévaluation hebdomadaire. Les patients concernés seront informés par téléphone. En ce qui concerne les patients "Covid" hospitalisés, on en dénombrait ce jeudi midi 45 dont 7 en soins intensifs.

Au CHR de la Citadelle, le chemin emprunté à ce stade n’est pas le même… mais on s’y prépare logiquement. "En effet, nous n’y sommes pas encore mais, forcément, tous les hôpitaux ont la même réflexion", poursuit Antoine Gruselin, porte-parole du CHR, "et ce sera sans doute moins simple aujourd’hui..." qu’au printemps dernier lorsqu’il avait été question de déprogrammation plus générale, doit-on comprendre. D’autant que de nombreux actes non urgents ont déjà été reportés lors du premier pic de l’épidémie.

Ce jeudi, on comptait 28 hospitalisations "Covid" au CHR dont 6 aux soins intensifs. La capacité de l’hôpital aux soins intensifs du CHR est de 42 lits.

Au Groupe CHC, même son de cloche qu’au CHR, "une déprogrammation n’est pas à l’ordre du jour", explique Quentin Dulière, directeur médical adjoint, "mais on se prépare même si ce n’est pas prévu pour les prochains jours, sauf si le nombre de cas positifs doit flamber bien sûr". On compte au CHC 36 hospitalisations Covid dont 9 aux soins intensifs (capacité de 60 lits).

Ici comme ailleurs, ce sont les experts qui auront la tâche de déterminer les actes non urgents, presque au cas par cas… "Quoi qu’il arrive, il ne doit pas y avoir de déprogrammation globale", poursuit le directeur adjoint du CHC, "mais chaque service pourrait devoir respecter un pourcentage. Quant à ‘l’activité oncologique’, on espère la maintenir intégralement".

Marc Bechet