Gazette de Liége

Un Ciac, oui, mais lequel ?", titrait en mai 2010 la "Gazette" en référence à cet ambitieux projet de création d’un Centre international d’art et de culture en lieu et place de l’actuel Musée d’art moderne et d’art contemporain, situé au cœur du parc de la Boverie. Pour rappel, ce projet porté par la Ville bénéficie d’importants subsides européens et son budget total est estimé à 23,5 millions d’euros. Il s’agit donc d’un projet au sujet duquel le Groupement de redéploiement économique liégeois (Gré-Liège) a lancé il y a quatre ans une étude de faisabilité. À l’époque, parmi les modèles de gestion étudiés par le Gré, ou plutôt par le groupe Ramboll mandaté par ce dernier, c’est celui de la fondation privée qui semblait tenir la corde.

Mais il se fait, et c’est d’ailleurs ce que nous rappelle l’échevin liégeois de la Culture Jean-Pierre Hupkens (PS) quand on l’interroge sur le sujet, que la crise économico-financière est passée par là, touchant également les capacités de sponsoring et de mécénat des sociétés privées. Est-ce à dire que le dossier Ciac n’a plus avancé depuis lors ? L’échevin Hupkens nous répond par la négative, faisant tout de même la distinction entre le volet immobilier de ce projet, qui vise pour rappel à créer d’ici 2015 une surface d’exposition de 3500 m2, et la réflexion toujours en cours sur la structure d’exploitation. "Le volet immobilier suit son cours, après la désignation il y a un an de l’auteur de projet (N.D.L.R. : l’association momentanée formée par les bureaux Ricciotti et Hautecler)", affirme Jean-Pierre Hupkens. De son côté, l’échevin liégeois des Travaux Roland Léonard (PS) a quant à lui confirmé lors du dernier Conseil communal le calendrier prévu, à savoir après la rédaction du cahier des charges actuellement en cours, le dépôt de la demande de permis d’urbanisme et un début des travaux fixé à la fin de l’année 2012.

Reste encore à savoir ce que la Ville compte au juste faire ce nouvel outil culturel voulu "multi-fonctionnel", avec quel budget de fonctionnement et dans quel cadre. À cet égard, l’échevin Hupkens temporise, recontextualisant le dossier et assurant que tant les conclusions de la réactualisation demandée au Gré-Liège de l’étude de 2007 que celles de la réflexion menée en interne au sein de la Ville vont bientôt être rendues publiques. Mais Jean-Pierre Hupkens de jouer franc-jeu en estimant qu’"il est temps maintenant de sortir sur ce dossier et de dire quelle est la vision de la Ville", laquelle dépend donc, du moins en ce qui concerne la future structure de gestion, des conclusions du Gré-Liège.

À cet égard, son directeur général Jean-Luc Pluymers évoque un intérêt marqué de deux partenaires privés, l’un belge et l’autre international, dont il attend un retour imminent. "Il faut du concret sur ce dossier", reconnaît-il, assurant que la non-définition précise du contenu du futur Ciac ne constitue pas un handicap. Concernant le montage financier, Jean-Luc Pluymers évoque désormais celui du partenariat public-privé qui tiendrait la corde. "La discussion sur le budget de fonctionnement du Ciac devra se faire après que l’on ait déterminé exactement ce que l’on y fera", conclut-il.