Il s’agit incontestablement d’un des dossiers Feder, du nom des fonds européens dont bénéficient divers projets liégeois d’envergure, les moins avancés En effet, si la Ville peut s’enorgueillir, ce que ne manque d’ailleurs pas de faire son échevin de la Culture Jean-Pierre Hupkens, d’importants subsides (de l’ordre de 23,5 millions d’euros) destinés à la rénovation de l’actuel Mamac, l’état d’avancement du dossier du Ciac inquiète. Le Ciac, c’est pour rappel ce grand Centre international d’art et de culture qui est destiné à remplacer ledit Mamac et à accueillir des expositions temporaires de premier plan sur une surface totale de 3500 m2. Un projet ambitieux - trop, diront certains - qui a fait l’objet en 2007 d’une première étude, l’étude Ramboll, laquelle a servi de base à son acceptation par le Feder et qui évoquait un potentiel de 600000 visiteurs.

Récemment, le groupe de travail ad hoc constitué au niveau de la Ville et composé de représentants politiques de tous bords a décidé de demander au Gré (Groupement de redéploiement économique) d’entreprendre une nouvelle étude. Une information confirmée et assumée tant par l’échevin Hupkens que par le directeur général du Gré, Jean-Luc Pluymers. "Le Gré a été chargé de réactualiser les premières projections datant de 2007 concernant le projet du Ciac", explique-t-il ainsi. En fait, la mission d’étude confiée au Gré a trait à la structure de gestion qui devra être celle du futur Centre international d’art et de culture.

Ainsi que l’affirme Jean-Pierre Hupkens, "l’idée est de remettre sur le métier le modèle de la fondation privée envisagée dans un premier temps et également d’étudier les implications juridiques et financières d’une éventuelle régie communale autonome". Clairement, et ce dernier ne dit pas le contraire, on revient donc en quelque sorte à la case départ et le modèle d’une fondation privée, un temps abandonné pour cause de crise financière, semble de nouveau à l’ordre du jour. Pour le directeur du Gré, l’idée d’une régie communale autonome ne constitue d’ailleurs qu’une "option de repli". Ainsi, selon ce dernier, les rencontres vont se succéder les prochains jours à ce sujet. Et d’évoquer les noms de Bernard Serin, patron de CMI et président du comité stratégique du Gré, et de Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre français de la Culture et actuel président de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, ce dernier étant déjà partie prenante à la première étude. L’idée étant, malgré une équipe du Gré "surchargée", de faire un choix "le plus vite possible" concernant la structure de gestion, un choix qui conditionne la suite des événements.

Néanmoins, l’échevin Hupkens précise qu’une réflexion est en cours en parallèle sur le contenu du futur musée et estime tout comme Jean-Luc Pluymers que l’heure n’est pas à une étude plus large ou au lancement d’un marché de consultance comme souhaité par le conseiller communal écolo Alain Leens (ci-contre). Il se réjouit également de la présentation il y a peu, au collège communal, de l’avant-projet imaginé par les auteurs de projet désignés, à savoir les architectes Paul Hautecler et Rudy Ricciotti. Soit, selon l’échevin, "un projet respectueux du patrimoine et s’intégrant parfaitement dans son environnement". Et de souligner la volonté de faire du Ciac "un lieu vivant également destiné à mettre en valeur la création liégeoise".