En lente dégradation depuis que l'Université l'a quitté, l'Observatoire de Cointe n'est pas encore sorti de l'ornière, loin s'en faut, mais son horizon s'est quelque peu éclairci. Dans moins de deux semaines en effet - exactement le 17 août - devrait être achevée la procédure du marché de travaux de mesures conservatoires dont les bâtiments anciens ont grand besoin. L'aménagement d'une conciergerie figurera également au cahier des charges, le tout représentant un montant de 600 000 euros.

Le ministre Daerden, compétent notamment pour le Patrimoine wallon, a appliqué ici la même équation qu'aux églises à rénover, liant l'octroi de moyens à la (ré)affectation des édifices. Ainsi le bâtiment d'astrophysique des hauteurs de Liège est-il appelé à fournir, à terme, de l'espace... aux archéologues.

Plus précisément, selon un projet échafaudé il y a plusieurs années déjà, il s'agira de donner un nouveau toit à la Direction de l'archéologie de la Région en Province de Liège, sise pour l'heure à l'avenue des Tilleuls. Avec ou sans les dépôts? La question reste ouverte. La Société astronomique de Liège, où se retrouvent amateurs et professionnels de la science des corps célestes, serait toujours hébergée sur la colline, la conservation et la valorisation de la lunette méridienne et du grand télescope faisant l'objet d'une convention avec la Région.

«Le but poursuivi avec l'installation des archéologues est très noble puisqu'il s'agit de sauver le patrimoine, nous dit André Lausberg, chef de travaux honoraire de l'ULg et président de la Société. Mais cela ne va pas se faire dans les prochains mois. Quand on nous a mis dans un préfabriqué, on nous a dit que c'était provisoire, le temps de rénover le bâtiment. Or, cela dure depuis quatre ou cinq ans...»

Pour le député Michel de Lamotte (CDH), qui a récemment interrogé Michel Daerden sur ce dossier, on est sur la bonne voie. «Ce n'est pas le classement du bâtiment comme nous l'avions demandé mais le fait que la Région le prend en charge est une garantie, assure-t-il. Les travaux prévus sont une première tranche. Il faudra continuer après». Les moins soulagés ne seront pas les riverains qui pouvaient craindre les appétits d'éventuels promoteurs immobiliers sur un domaine situé à deux pas de la nouvelle gare TGV. «La grande crainte dans le quartier, explique le très cointois Olivier Hamal (MR), c'était qu'on vienne tout raser pour construire un immeuble à étages. Puis, la Région wallonne est arrivée, un peu comme Zorro, tardivement. Ce que Daerden dit maintenant, il le disait déjà il y a deux ans».

La décision politique, il est vrai, épouse rarement le rythme des étoiles filantes.

© La Libre Belgique 2006