En cause, le manque d’approvisionnement en réactifs en suffisance

Le Docteur Jean-Marc Minon, chef de service du Labo Cita, avait tiré la sonnette d’alarme en début de semaine : « La situation devient logistiquement et humainement ingérable ». Ce mardi, le Drive situé sur le parking P+R de Liège (sortie Vottem) a enregistré un nombre record de 1.600 tests quotidiens, soit plus de 3 tests par minute !

« Nous avions prévu des stocks de réactifs conséquents, en ambitionnant un millier de tests par jour », explique Henry Paridaens, médecin biologiste du labo, « mais les pics exceptionnels de demandes sont devenus permanents, et les fournisseurs n’arrivent plus à suivre ».

Conséquence directe : le Labo Cita Drive va devoir temporairement réduire ses heures d’ouverture (et donc le nombre de tests), en fermant désormais les après-midi. Dès jeudi 17 septembre, le centre de dépistage sera donc accessible de 7h30 à 13h (8h-12h le samedi). En espérant revenir à la normale le plus rapidement possible, dès qu’un stock plus conséquent de réactifs aura été livré.

Notons que la situation va également avoir un impact sur le « Val’Drive », installé à l’hôpital Valdor (Liège) ainsi qu’à l’hôpital de Malmedy, puisque ces deux institutions travaillent directement avec le laboratoire du CHR de la Citadelle.

Une décision pour les patients et le personnel aussi

La décision est évidemment importante, au regard de la saturation des centres de dépistage, mais elle est aussi guidée par la volonté du CHR de maintenir un service de qualité : « La centaine de personnes travaillant au labo n’est évidemment pas dédiée uniquement au Covid-19, mais cette masse d’analyses supplémentaires – 500 tests quotidiens lors de la première vague pour 1.600 hier - ne peut en aucun cas peser sur la qualité et les délais que nous nous imposons », commente Jean-Marc Minon. «Il n’y a pas de hiérarchisation des patients – Covid ou non – et pour rendre les analyses dans les temps, et donc informer rapidement les patients, nous ne pouvons continuer à ce rythme fou ». Mis à rude épreuve durant la crise sanitaire, le laboratoire n’a en effet même pas pu profiter du déconfinement pour lever le pied, puisque les dépistages et les analyses « non-Covid » n’ont pas pris de vacances…

Et Jean-Marc Minon de s’interroger sur ces demandes sans cesse croissantes : « Si on détecte des symptômes chez un élève, toute l’école doit-elle se faire dépister ? Une Crèche doit-elle vraiment imposer un test à un enfant, quand on sait que Sciensano ne l’estime pas nécessaire pour les moins de 6 ans ? Les travailleurs rentrant de vacances hors zone rouge et qui ne présentent aucun symptôme doivent-ils vraiment venir gonfler les files, alors qu’en respectant les gestes barrières et la distanciation physique – là où cela est possible - , le risque est inexistant ou presque ? ». Malgré l’explosion du nombre de tests en effet, le taux de positivité reste toujours, au CHR de la Citadelle, en deçà des 5%...