Jean-Paul Bonjean (PS) est le nouveau président du CPAS de Liège. Rencontre…

Jean-Paul Bonjean, 47 ans et candidat PS aux dernières élections, devait donc remplacer au poste de président de CPAS de Liège Marie-France Mahy. Mardi dernier, la passation de pouvoirs a permis à ce Liégeois, philosophe de formation, de prendre ses fonctions à la tête d’une institution qu’il connaît bien, lui qui a commencé sa carrière "au service d’accueil des demandeurs d’asile", se souvient-il. Tour à tour membre de la cellule multiculturelle de la police liégeoise, président de maison de jeunes et actif dans le relais social, Jean-Paul Bonjean est un Liégeois qui ne découvre pas la réalité sociale de sa ville. En cette veille de Noël, il nous livre ses priorités, conscient de l’ampleur de sa tâche…

On dit de vous que vous avez la fibre sociale… c’est la raison de votre engagement ?

"Je n’ai bien sûr pas fait la Philo avec un plan de carrière mais depuis toujours, on me sollicite pour des conseils. Un moment, on se dit qu’on peut agir de manière collective et pas qu’individuelle."

Cela explique l’engagement au PS ?

"Au sortir des études, un choix s’est posé sur les valeurs de solidarité et de justice sociale. Et je pense aussi que le PS sait prendre ses responsabilités tout en ayant assez de poids pour agir concrètement en portant ces valeurs."

Votre participation aux comités de secteur de Publifin est reprochée vu votre nouvelle fonction… un mot là-dessus ?

"J’étais tout jeune élu quand j’ai été désigné pour siéger dans ces comités, comme d’autres à l’époque. Mais je pense avoir fait mon job en étant présent à 8 réunions sur les 9 qui ont été organisées. Le côté bricolé de ce fonctionnement nous est apparu bien sûr mais l’affaire a ensuite éclaté. Et j’ai été un des premiers à rembourser les montants perçus. Dont acte !"

En fait-on assez aujourd’hui en matière d’aide sociale, à Liège, en Belgique ?

"On n’en fait bien sûr jamais assez… au niveau fédéral, je suis d’ailleurs partisan d’une commission permanente de régularisation, composée de personnes indépendantes, ce qui permettrait d’accélérer le flux des régularisations et d’éviter des situations d’attente inhumaine pour certaines familles."

Liège va mieux dit-on… mais 40 000 Liégeois sont sous le seuil de pauvreté !

"Si la solution miracle existait, on l’aurait déjà trouvée. Liège va mieux, oui, mais c’est un centre urbain qui a une forte attractivité et qui concentre donc aussi le phénomène de précarité, voire l’amplifie. Face à cela, le rôle du CPAS n’est pas de s’attaquer aux causes de la précarité mais bien d’être un rempart contre cette précarité."

Comment l’envisagez-vous, avec des budgets qui, on le sait, manquent ?

"Il est tout d’abord nécessaire de refinancer les CPAS, de revoir la quote-part du fédéral à la hausse. Ensuite, je suis favorable à l’individualisation des droits. C’est-à-dire que les bénéficiaires ne doivent plus être soumis à une échelle d’intervention déterminée par sa situation personnelle. Comme les statuts de cohabitant ou d’isolé qui doivent être supprimés. Cela permettrait d’éviter les contrôles intimes. Qui plus est, il s’agit d’une charge administrative considérable, frustrante et intrusive. Je plaide plutôt pour une bienveillance solidaire."

D’autres priorités ?

"Je viens de l’évoquer, il faut diminuer la charge de travail du personnel. Aujourd’hui, un agent a une centaine de dossiers à sa charge, c’est trop. Mais je pense aussi à la réorganisation interne des services d’aide et d’action, sans oublier la problématique du sans-abrisme bien sûr, surtout chez les jeunes."