La commune de Crisnée, dans la province de Liège, a provisoirement mis à disposition l'ancienne maison communale afin d'y accueillir les migrants en transit, qui avec le froid étaient de plus en plus nombreux à s'abriter dans une paillote installée l'été dernier à Odeur. Ouvert 24h/24 le week-end et de 8h30 à 21h30 en semaine, le centre d'accueil entend apporter une aide humanitaire à ces personnes en difficulté. Durant l'été dernier, la commune avait installé à destination des promeneurs une paillote sur la place principale d'Odeur, une entité de la commune de Crisnée. Avec l'arrivée du froid, des migrants ont investi cette place et se sont réfugiés dans la cahute.

Afin de remédier au problème, la commune a établi, depuis le 16 novembre, un centre d'accueil au sein de l'ancienne maison communale. L'ASBL plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a été désignée gestionnaire de l'établissement.

Une rencontre avec les autorités judiciaires, la police, les assurances et la plateforme citoyenne, très engagée en faveur des migrants, a eu lieu lundi afin d'identifier les solutions légales, conformes à la dignité humaine, ainsi que les obligations qui s'imposent aux communes.

Au total, la maison communale peut accueillir 15 migrants. Toute la difficulté d'une telle démarche est d'offrir à ces migrants de passage l'aide humanitaire dont ils ont besoin (hébergement, nourriture, soins, dons de vêtements...), sans toutefois dépasser le cadre légal.

Deux séances d'information ont d'ores et déjà été organisées afin de prévenir les riverains de la commune. "La commune est traversée par la route migratoire. Si on a remarqué un véritable engouement positif - le groupe de bénévoles n'arrête en effet pas de gonfler-, certains sont par contre inquiets. On va dès lors veiller à bien communiquer et continuer à organiser des rencontres avec les citoyens pour que ça se passe au mieux", explique la représentante de l'antenne locale de l'ASBL plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, Sophie Godefroid.

Des sessions d'informations seront par ailleurs organisées à destination des migrants afin de leur faire connaître leurs droits. "On leur donnera des informations juridiques et sociales et on les aiguillera également vers les organismes qui peuvent les aider au mieux. Pour les informer correctement, on doit pouvoir créer un lien de confiance avec eux", a-t-elle poursuivi.

La plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés s'est réjouie d'une telle mesure et a souligné son caractère exceptionnel d'un point de vue politique. "Nous avons déjà signé des dizaines de conventions de ce type, mais c'est la première fois qu'une telle mesure est adoptée par un bourgmestre, par ailleurs député fédéral, appartenant au MR", a déclaré le porte-parole de la plateforme, Mehdi Kassou. "Le fait que cet hébergement soit organisé dans l'ancienne maison communale est, en soi, tout un symbole", a-t-il encore indiqué.

"Le bourgmestre Philippe Goffin s'est investi dans cette problématique, il a poussé la réflexion au maximum. Il avait vraiment la volonté de comprendre au mieux la situation, afin de trouver un équilibre entre la loi et l'humanité. Ce projet s'est construit autour d'un dialogue qui n'était pas facile au départ, mais quand il s'est mis en place, ça a démarré", a souligne Sophie Godefroid.