Gazette de Liége L’artiste prépare la création d’une salle de concert pour des projets musicaux naissants.

Fils du célèbre jazzman Steve Houben, Greg Houben (40 ans) baigne dans le jazz depuis l’enfance. "Mais plus jeune je ne voulais pas faire comme papa, je voulais me démarquer." Il choisit donc le théâtre "comme maman". Une période qui lui permet de rencontrer des artistes comme Agnès Limbos, papesse du théâtre d’objet, avec laquelle il tourne actuellement le spectacle Ressacs. "Il conte l’histoire d’un couple qui est complètement perdu sur l’océan." "Le théâtre me permet d’avoir un regard critique sur la société."

À 17 ans, il demande au Rotary pour partir à Londres à la Royal Shakespeare Company. Tel un rêveur, "je voulais réciter Shakespeare en anglais sur les bords de la Tamise…". Il partira finalement un an au Brésil, à Belo Horizonte. "Là-bas j’étais en contact avec plein de musiciens… J’ai pris conscience que le théâtre ne me manquait pas, mais la musique oui." Il demande alors qu’on lui envoie une trompette, et son histoire avec la musique reprend vie.

De retour en Belgique, Greg Houben étudie la musique au Conservatoire à Bruxelles. L’homme de théâtre devient alors musicien de jazz. Au début, "je faisais des concerts mais je me cassais la gueule. La trompette est un instrument difficile, je n’avais pas l’endurance pour tenir tout un concert." L’artiste prend alors l’habitude d’intercaler une chanson entre les morceaux..."pour reposer mes lèvres".

Après quatre albums de jazz (dont un avec Fabian Fiorini), l’artiste dévoile en mai 2018 son premier album Un Belge à Rio. Un album de chanson française teinté de jazz et de musique brésilienne. "J’avais l’impression que le jazz m’emprisonnait un peu car j’avais les épaules lourdes de références. Trouver ma liberté là-dedans, c’était difficile", confie-t-il. Un pas de côté qui lui permet de se révéler en tant qu’artiste musical et de trouver sa singularité : un jazz plus "populaire". Avec humour, "j’adore raconter des histoires, comme au théâtre".

Mais son amour pour le jazz pur n’est pas pour autant terminé puisque le duo père et fils, regroupé sous le nom Houben & Son, vient d’enregistrer un album de jazz qui sortira en janvier 2020 chez Igloo Records, suivi d’une tournée. "Désormais, je reviens au jazz de manière plus légitime et personnelle", lance-t-il.

Une salle dédiée à la création

Et l’artiste, qui a plus d’une corde à son arc, ne s’arrête pas là. Propriétaire avec Julie Mossay de l’ancien cinéma des années 1950 Le Rio, sis au numéro 487 du boulevard Ernest Solvay, au Thier-à-Liège, Greg Houben entend faire de ce lieu un endroit "dédié à la création dans laquelle on va pouvoir accueillir des showcases, premières scènes musicales…" La grande salle devrait voir le jour en 2020 tandis qu’à l’étage, une salle polyvalente, Le Rio Liège, peut déjà être louée à l’heure "pour des ateliers, des cours de chant, théâtre, danse…".

Il sera à écouter à la Brasserie Sauvenière le 16 août, à l’Unknown à Spa le 17 août, et le 24 août au centre culturel de Huy dans le cadre du Festival d’art de Huy.