Entretien

Cela fait déjà plusieurs jours que l’heure de la rentrée politique a véritablement sonné à Liège. Et ce ne sont pas les sujets chauds qui manquent, du blocage institutionnel concernant l’épineux dossier des Guillemins à la problématique de la sécurité qui a refait surface avec force, en passant par la sortie récente du MR sur le commerce et les parkings et celle de son président qui annonce son retour en terres liégeoises.

Les sujets polémiques ne manquent pas en cette rentrée dont on a l’impression qu’elle est plus délicate que l’an dernier ?

Vous savez, c’est devenu de plus en plus compliqué Et les dossiers des Guillemins ou du tram, par exemple, sont bien moins faciles à gérer que ceux de la Médiacité ou bien encore du Grand Curtius. Ce qu’il faut, dans ces deux dossiers comme dans d’autres, c’est donner le coup de rein nécessaire afin de les concrétiser. Je vous fixe d’ailleurs comme prochaine échéance importante l’année 2012 où devront être réalisés la place devant les Guillemins, la patinoire olympique ainsi que le nouvel ORW et le transfert du théâtre de la Place à l’Émulation. Certes, il s’agit d’une rentrée difficile, mais s’il existe un certain nombre de dossiers compliqués, beaucoup de signaux sont positifs pour Liège. Mon ambition est plus que jamais de faire de la Liège une véritable métropole régionale européenne et les trois critères de succès pour ce faire sont la culture, l’enseignement et la mobilité qui est le thème important du moment. Ce qui est sûr, c’est qu’après une période de vaches maigres, on peut désormais de nouveau aller vers l’extérieur.

Impossible de ne pas évoquer avec vous l’épineux dossier des Guillemins où un blocage est indéniablement constaté…

Le dossier des Guillemins est un dossier complexe et les relations avec la SNCB sont parfois difficiles. Mais je vais multiplier dans les jours qui viennent les réunions afin de trancher ce nœud gordien. Le plus important pour la Ville, c’est de réaliser la place devant la nouvelle gare qui est certes un bel objet mais doit avant tout être un outil d’intermodalité. Ce qui apparaît clairement, c’est que les responsabilités viennent de loin et je fais en la matière le parallèle avec le dossier du Grand Curtius. Le problème, c’est qu’il s’agit d’un dossier imaginé par la SNCB en dehors de la Ville, ce qui fait que pendant longtemps, deux dossiers distincts ont cohabité. Un autre problème tient au fait de ne pas avoir pu conserver tous les terrains situés dans le PRU dans le giron public.

Vous faites ici allusion à la vente par le ministre Reynders de la Cité des finances à Fedimmo et au projet de reconstruction d’une Tour des finances qui fait débat.

En effet À ce sujet, je préciserai que la procédure suit son cours et que la balle est maintenant dans le camp du fonctionnaire délégué de la Région wallonne. Sur le projet en tant que tel, je réserve mon opinion mais je constate qu’il y a des partisans et des opposants. Et pour la Ville, il ne faut pas négliger le fait que cela permettra de récupérer environ 10000 m2 au sol qui seront bien utiles pour réaliser la place. Ce qui est clair dans ce dossier des Guillemins, c’est qu’il faut un grand consensus qu’on s’emploie d’ailleurs à trouver. À ce propos, je n’envisage pas que nous ne trouvions pas d’accord avec la SNCB d’ici octobre mais si tel devait être le cas, la Ville prendra ses responsabilités. Quoi qu’il arrive, le chantier débutera en octobre.

Autre dossier important où des avancées sont attendues : celui du tram…

La balle est clairement dans le camp de la Région, de la SRWT et du ministre Henry dont on attend qu’il donne sa conception du dossier. Le souci est bien évidemment le délai par rapport à l’exposition internationale que Liège compte organiser en 2017. Une telle échéance est d’ailleurs positive afin de focaliser toutes les énergies. L’idée d’ici là est d’avoir rééquipé complètement Liège et comme vous l’aurez compris, ma priorité va à régler le dossier des Guillemins puis à enclencher le tram.

Récemment, la problématique de la sécurité a refait surface dans le Carré ainsi qu’à Droixhe. Que compte faire la Ville ?

Tout d’abord, ce sont deux sujets différents. Concernant le Carré, nous avons pris nos responsabilités notamment en y renforçant la présence policière. Récemment, je viens encore de procéder à des fermetures de night-shops et j’ai sur mon bureau quinze propositions de fermeture de cafés. Le Carré est donc plus que jamais un quartier sous surveillance. Et pour ce qui est du phénomène des bandes urbaines, il ne faut pas l’extrapoler ni exploiter tel ou tel évènement. Il ne faut pas non plus tomber dans l’angélisme mais la vraie réponse est l’inclusion des jeunes dans la société. Il faut montrer qu’il existe un espoir de vie meilleure à Liège mais il faut aussi responsabiliser les parents. À ce sujet, il est notamment préoccupant de constater que les jeunes boivent de plus en plus et de plus en plus tôt. Cette habitude perdure et se traduit lors des trop nombreuses fêtes et autres guindailles qui sont organisées à Liège. À ce propos, je compte d’ailleurs prendre en considération les réclamations des habitants et évaluer les nuisances constatées.