piratage

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e 24 janvier, la "Gazette" se faisait l’écho d’une affaire pour le moins étonnante en matière de criminalité informatique. Laquelle cybercriminalité, comme évoqué, touche généralement les entreprises mais désormais également de plus en plus les particuliers. L’affaire dont il était question, et pour laquelle une enquête diligentée par le juge d’instruction Dominique Lizin a été ouverte au parquet de Liège, concerne une famille de Grâce-Hollogne. Laquelle dit être victime depuis maintenant un an et demi de faits de hacking. Ainsi qu’expliqué tant par la famille que par les enquêteurs de la "Computer Crime Unit" - l’unité chargée de lutter contre le piratage informatique mise en place au niveau de la police judiciaire fédérale -, il s’agit en l’espèce de harcèlement obsessionnel. En cause : une prise de contrôle du système informatique de la famille Noël par un tiers, lequel se rend coupable de harcèlement moral à l’encontre de celle-ci. Et après les ordinateurs des membres de la famille - le principal visé étant Loïc, le fils aîné -, ce fut au tour de leurs téléphones d’être piratés. Après des mois à lutter seuls ou quasi contre ce ou ces hackers présumés, les parents de Loïc sont au bout du rouleau et livrés à eux-mêmes.

La famille victime a bien une idée sur leur auteur - une famille de Saint-Nicolas avec laquelle elle entretenait des relations proches est suspectée -, mais elle ne peut apporter aucune preuve matérielle pour corroborer ses dires. En outre, les moyens des enquêteurs sont particulièrement limités pour pouvoir faire face à cette nouvelle forme de criminalité et il existe également, dans le chef de certains, un doute sur la version de la famille Noël. Laquelle jure sa bonne foi, arguant que cette affaire qui fait froid dans le dos lui a déjà coûté la bagatelle de plusieurs dizaines de milliers d’euros en frais de toutes sortes.

Il faut dire que l’affaire a pris une tournure internationale puisque lors d’un voyage en Crète réalisé en marge de ses études d’archéologie à l’ULg, Loïc Noël a été arrêté et a passé une nuit en prison. Ce qui lui était reproché par les autorités grecques : la participation à des faits présumés de terrorisme (l’aéroport d’Héraklion ayant reçu de son ordinateur une menace d’attentat) ! De même qu’en Belgique, où une plainte contre X a été déposée et où on se dirigerait selon nos informations vers un classement de l’enquête, une procédure judiciaire est enclenchée en Grèce. L’audience prévue du 22 mars dernier ayant été reportée au 22 octobre prochain. En attendant, c’est l’indécision qui prédomine pour la famille Noël, laquelle tente tant bien que mal de faire la lumière sur cette affaire. C’est ainsi qu’à sa demande, une expertise psychiatrique de Loïc a été réalisée. Et le constat dressé par le Dr Fernand Goffioul est formel : "Loïc Noël fait preuve de sincérité et cette affaire lui a causé un dommage important. Il ne peut être question en l’espèce de mythomanie ou de dédoublement de personnalité".