Glain ou Fontainebleau ? Liège, depuis plusieurs mois maintenant - suite à l'annonce par le Centre hospitalier chrétien (CHC) de sa volonté de réunir en un site liégeois unique trois de ses six cliniques - fait face à un sérieux dilemme. Qui, ce lundi soir lors du conseil d'administration du CHC, doit connaître son dénouement.

Concrètement, l'hôpital St-Joseph, situé dans le quartier Sainte-Marguerite, va devoir choisir : quitter le centre-ville et reconstruire un hôpital flambant neuf sur le site de l'ancien charbonnage de Patience & Beaujonc à Glain - pour lequel le CHC, pourtant très discret sur le sujet, a déjà pris une option tandis que le Standard lorgne les lieux également - ou rester à son emplacement actuel et s'étendre sur le site dit de Fontainebleau.

De chaque côté, des avantages et des inconvénients. De chaque côté, des partisans et des opposants. Avec, au centre, un collège liégeois qui ne s'est encore jamais officiellement positionné sur le sujet. "Mais cela ne saurait tarder...", confie le bourgmestre. En coulisses, on évoque une réunion cette fin de semaine, avec le ministre Daerden notamment...

Du pour, du contre

Reste que certains ont clairement marqué leurs préférences. Pour Michel Firket, échevin (CDH) de l'Urbanisme, "Fontainebleau constitue une occasion en or de recoudre ce quartier éventré par une blessure autoroutière". À ses yeux, en termes de développement durable, de transports en commun (la future ligne de tram pourrait passer par là), de vie de quartier, le projet est "infiniment plus bénéfique à long terme au centre-ville". Son échevinat a d'ailleurs mené une étude de faisabilité qui conclut dans ce sens. Un avis partagé par Ecolo, attentif à l'accessibilité et l'aménagement de ce "no man's land".

Intimement convaincu que le CHC doit rester en ville, le conseiller libéral Raphaël Miklatzki plaide aussi pour cette option, énumérant la réserve de terrains disponibles (propriétés Ville, Maison liégeoise, MET et privés), la multitude de services à l'usage des citoyens, la densité démographique et le réseau des transports en commun. "C'est l'occasion unique de transformer cette cicatrice, cette voie rapide en boulevard urbain !" répète-t-il.

Mais l'option du centre a ses limites, pointent d'autres acteurs du dossier. Maggy Yerna, échevine PS du Développement économique et du Logement urbain, évoque les nombreuses expropriations nécessaires, "une centaine au bas mot". Et de rappeler le schéma directeur du carrefour qui prévoit habitat et espaces verts. "Je ne dis pas que le carrefour doit rester en l'état actuel, mais y implanter un gros hôpital ne me semble pas être la meilleure formule" ajoute-t-elle.

En tant que présidente du CHR Citadelle, situé non loin de là, la socialiste Marie-Claire Lambert a d'autres craintes encore : la concurrence. Et de souligner, répondant aux arguments des transports en commun, que "les patients, mal en point, ne se rendent pas à la clinique en bus !"

2500 travailleurs, 30.000 hospitalisations, 60.000 cas d'urgence : l'enjeu est de taille.