Lundi matin, le Procureur du Roi Philippe Dulieu a dressé le bilan judiciaire des événements liégeois de samedi après-midi.

“Il s’agit d’événements extrêmement graves et il nous semblait important de faire le point”. Et le magistrat d’expliquer qu’à la suite des émeutes, dix personnes (quatre mineurs et six adultes) ont été déférées, ce week-end, au palais de justice.

“En ce qui concerne les adultes, deux mandats d’arrêt ont été délivrés à charge de deux d’entre eux pour vols avec effraction. Toutes deux présentent des antécédents judiciaires pour violences ou des faits de rébellion. Elles détenaient des objets volés provenant des magasins du centre-ville”.

Signalons dès lors qu’elles n’ont pas été inculpées, “à ce stade”, pour faits de rébellion.

Les quatre autres adultes ont certes été inculpés de vol mais ont été remis en liberté. “À ce stade, on peut les suspecter de vol mais sans établir de lien avec les émeutes, un travail d’enquête est en cours”.

Un seul des quatre mineurs a été placé en centre fermé. “Il est en aveux d’avoir jeté des pavés en direction des policiers”, continue le magistrat qui admet que ce jeune a sans doute été attiré en ville à la suite de messages sur les réseaux sociaux. Aucun des mineurs interpellés n’était connu des autorités judiciaires.

Par contre, les trois autres mineurs ont fait l’objet de mesures éducatives par le juge de la jeunesse pour des faits de recel car ils ont été trouvés en possession d’objets volés dans un magasin de sport, sans que l’on puisse à ce stade établir qu’ils ont commis le vol.

La justice ne va évidemment pas en rester là. Le dossier est qualifié de “prioritaire”.

“Nous allons exploiter toutes les images, toutes les informations pour identifier les personnes en infraction. Il ne faut pas croire que lorsqu’il n’y a pas d’interpellation lors de mouvements de foule, il n’y en aura pas plus tard”. Rappelons à ce titre qu’une infraction de rébellion peut conduire jusqu’à une condamnation de 5 à 10 ans.