Nul besoin de tendre l'oreille pour avoir entendu les autorités communales et ce qu'il est convenu d'appeler les «forces vives» liégeoises dire que Liège manque cruellement d'une offre hôtelière haut de gamme. La construction de l'hôtel Sainte-Agathe étant à l'arrêt pour une durée indéterminée, c'est probablement à l'hôtel de Sélys-Longchamps que reviendra l'honneur d'être, en 2008, le premier cinq étoiles de la Cité ardente. Entre l'idée et le lancement officiel du projet ce mardi, un long chemin a déjà été parcouru. Petit retour en arrière.

Liège a le potentiel

Depuis le décès du baron de Sélys-Longchamps, l'hôtel de Sélys a maintes fois changé de mains. Ayant d'abord appartenu aux héritiers du baron, il a ensuite été vendu successivement à la compagnie d'assurances Axa, à la Ville de Liège, à la Lyonnaise des eaux et enfin, à la famille Liégeois, propriétaire des lieux depuis fin 1998. Cette dernière a choisi de confier la restauration du bien, toujours en cours, à l'architecte Paul Hautecler, tout en mandatant Pierre-Charles Berryer pour trouver une affectation à ce superbe hôtel de maître. Convaincu que ce bien est trop beau et surtout trop cher pour finir en bureaux (son prix de vente, restauré, dépasse allègrement les trois millions d'euros), le consultant a vite constaté que toutes les conditions sont réunies pour y implanter le premier hôtel cinq étoiles liégeois.

Trois études confirmant la viabilité économique du projet ayant été réalisées, Pierre-Charles Berryer s'est alors mis à la recherche d'investisseurs potentiels avec sous son bras plusieurs projets architecturaux incluant l'hôtel des comtes de Méan voisin, cédé par la Ville contre 300000 euros. Rassuré par une étude complémentaire prouvant le potentiel liégeois en la matière et par le soutien reçu au niveau des pouvoirs publics, un ancien chef d'entreprise aux reins solides, Olivier-Noël Martin, a accepté de se lancer dans ce projet de plus de 25 millions d'euros, soit plus d'un milliard d'anciens francs. D'autres partenaires comme Fortis, la SRIW (le bras financier de la Région wallonne) et la SODIE (société privée d'investissement spécialisée dans les PME) sont depuis montés dans le train.

13 800 m2 de luxe

Comme il est d'usage dans le milieu, ce n'est pas le propriétaire des lieux qui exploitera l'hôtel mais bien «

une chaîne hôtelière de renommée internationale dont nous ne pouvons encore dévoiler le nom», pour reprendre les termes employés par les promoteurs. Répondant aux critères propres aux cinq étoiles, l'hôtel comprendra deux restaurants dont un avec vue panoramique sur la ville, un service complet nuit et jour, un voiturier, 100 chambres d'une surface comprise entre 28 et 35 m2 et dix suites de plus de 50 m2.

Un club VIP, un centre d'affaires, onze salles de réception et de conférence, un centre de fitness doté de tous les raffinements, ainsi qu'une salle des fêtes de 360 places et un indispensable parking de 90 places font partie du projet qui prévoit la construction d'une vaste annexe à l'arrière des deux bâtiments d'origine qui seront conservés. Cerise sur le gâteau, la création de 100 emplois est également prévue.

Présent lors de l'inauguration, Willy Demeyer a annoncé, pour le plus grand bonheur des promoteurs du projet, que le budget 2006 devrait permettra à la Ville de diminuer de moitié la «city taxe», une taxe de séjour particulièrement mal vue par les hôteliers liégeois. Une information des riverains aura lieu dans le courant du mois de novembre, vraisemblablement le 29 en soirée, à l'hôtel des comtes de Méan.

© La Libre Belgique 2005