Gouvernance Elle partage la position du CA d’Enodia et rappelle que celui de Nethys est le seul à pouvoir agir.

Cela fait plusieurs semaines voire même pour certaines plusieurs mois que les communes, actionnaires de l’intercommunale Enodia, prennent position dans un dossier qui est devenu extrêmement complexe. Et ce en l’espèce d’un point de vue juridique, lequel a trait tant aux cessions des filiales de la société privée opérationnelle Nethys qu’aux indemnités et licenciements des anciens managers de cette dernière.

Dans un premier temps, alors que le débat public fait plutôt rage autour des sommes versées à ses anciens responsables (voire qu’ils se sont versées à eux-mêmes), ce sont les ventes de plusieurs de ses "bijoux de famille" qui ont agité les esprits. Ainsi donc, certains actionnaires publics de l’intercommunale faîtière ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Et ce, faut-il le dire, en des sens très divers en fonction de leur poids respectif.

Si on a vu les communes de Wanze et de Waremme se rebeller d’emblée en mandatant un bureau d’avocats et en déclarant vouloir se constituer parties civiles, d’autres telles que Huy et Hannut ou encore plus récemment Liège et Seraing ont adopté des attitudes davantage nuancées. Lesquelles sont plutôt relatives à de la temporisation même si, poussées par certains bancs de l’opposition, des majorités envisagent aussi des actions judiciaires.

Mais qu’en est-il au juste de la Province, soit pour rappel l’actionnaire majoritaire de l’intercommunale Enodia (et ce même s’il ne dispose plus de la présidence) ? Dans un premier temps, le collège PS-MR avait dit attendre les avis et autres rapports juridiques demandés à un cabinet spécialisé. Ceux-ci étant quasi complets et le dernier CA de l’intercommunale ayant décidé de certaines avancées dont la création d’un comité des actionnaires, nous avons interrogé le président du collège.

"Le pénal tient le civil en l'état"

Refusant contrairement à d’autres de se laisser aller aux effets d’annonce, Luc Gillard dit partager la position du CA. Et de rappeler que même s’il y a débat d’experts sur le sujet, seul celui de Nethys est compétent pour agir valablement en justice. Pour le reste, il distingue le volet cessions des filiales, deux d’entre elles étant résolues et celle de Voo étant au stade de la valorisation, du volet lié aux indemnités. Rappelant que "le pénal tient le civil en l’état", Luc Gillard privilégie une action civile, voire une saisie conservatoire, et ce avant toute autre action jugée contre-productive.

Bruno Boutsen