Gazette de Liége

Les fêtes sont terminées et le village de Noël de la place Saint-Lambert a fermé ses portes.

L’heure est même au démontage. Durant trois ou quatre jours, les curieux pourront assister à un incessant ballet de camions et autres bulldozers.

C’est qu’il faut démonter et emporter plus de 200 chalets. Notons immédiatement que ce démontage prend environ moitié moins de temps que le montage du village.

À la manœuvre, Jean-Marc Erniquin, président de l’ASBL Le Tournevent qui, avec l’association Enjeu co-organise les festivités de Noël.

"Une fois démontés, les chalets seront emmenés vers leur lieu de stockage à Chaudfontaine, explique le président. Et, profitant du fait qu’ils sont tous sortis pour les fêtes, nous allons les examiner avant de les rentrer".

Certains chalets endommagés seront réparés et d’autres seront écartés. Pour eux, commence alors une nouvelle vie. "Ils seront vendus, le plus souvent à des particuliers ou à des éleveurs. Environ 10 % de nos chalets sont déclassés chaque année. Les monter et les démonter sans cesse les fragilisent. Ceci dit, certains de nos chalets ont plus de 30 ans. Ils vivent évidemment bien plus longtemps lorsqu’il y a moins de manipulation".

Deux propriétaires différents

Si l’association est propriétaire des chalets de la place Saint-Lambert (Enjeu est propriétaire des chalets de l’espace Tivoli) elle ne l’est pas des semi-remorques qui se succèdent sur le chantier.

"Nous avons juste un petit camion, le reste est loué. Ce n’est pas possible autrement puisque nous remplissons une quinzaine de semis avec nos chalets et qu’Enjeu en remplit une vingtaine".

Et le reste du temps ? "Les chalets sont à Chaudfontaine. Nous avons quelques clients en cours d’année, mais c’est relativement minime".

À noter que si c’est l’ASBL qui organise le village de Noël liégeois, les chalets, eux, sont fabriqués et réparés par la société Beaver Wood. Il s’agit d’une société à finalité sociale qui réalise tout type de construction en bois tant pour l’entreprise que pour le particulier ou l’organisation d’événements (voir ci-contre).


Une société à finalité sociale pour remettre les gens en selle

Située à Chaudfontaine, Beaver Wood est une société à finalité sociale. Forte d’une dizaine de personnes, elle réalise tout type de construction en bois tant pour l’entreprise que pour le particulier ou l’organisation d’événements.

"Le but de la société est de remettre en selle des gens qui ont été mis sur le côté ou qui ont eu un accident de vie", souligne Jean-Marc Erniquin qui est également l’administrateur-délégué de Beaver Wood, société qui a été créée voici une demi-douzaine d’années.

"Nous formons des équipes de travail et y joignons un stagiaire. Il n’est pas compté en production et n’a donc pas d’impératif, sauf celui d’être là et d’apprendre. Cela commence parfois simplement par se présenter à l’heure au travail".

Contrairement à une école, la personne fait vraiment partie d’une équipe de travail. "Elle travaille dans une vraie équipe, sur de vrais chantiers. C’est réellement le vrai monde du travail".

Le but est en finalité de remettre ces personnes dans le monde actif. "L’idée finale, c’est en effet de remettre ces personnes sur le marché du travail et cela marche finalement assez bien puisque le taux d’embauche à la sortie est satisfaisant".

Une initiative limitée

L’initiative est louable mais, malheureusement, limitée. "C’est vrai, nous prenons trois ou quatre stagiaires par an, reconnaît Jean-Marc Erniquin. Mais nous apportons notre pierre à l’édifice. Il a des gens qui se révèlent et qui rebondissent dans la vie et çà, cela n’a pas de prix".

Outre les chalets, Beaver Wood construit un peu près tout, allant des chalets non-conventionnels aux cabanes dans les arbres.