Rassurons les habitants de la région de Huy, on n'a pas attendu la nomination du gouverneur de la Province de Liège Michel Foret (MR) pour prévoir un plan «d'urgence et d'intervention» en cas d'accident à la centrale nucléaire de Tihange.

Pourtant, à la suite d'un arrêté royal du 17 octobre 2003 portant sur la fixation du plan d'urgence nucléaire et radiologique pour le territoire belge, le successeur de Paul Bolland a dû revoir les précédents plans existants, en concertation avec le centre de crise fédéral, les autorités locales, les directeurs d'écoles, de prisons, de crèches, de maisons de retraite ainsi que les patrons des installations industrielles de la région.

Trois zones

Concrètement, autour de la centrale nucléaire, trois zones ont été définies. Dans la première, de dix kilomètres de circonférence, le gouverneur prendra toutes les mesures possibles relatives à la sensibilisation, à la prévention ou la préparation à une situation d'urgence. Dans une seconde zone, de vingt kilomètres de circonférence, les habitants seront sensibilisés au danger nucléaire et aux dispositions à prendre, notamment au niveau de l'iode. Dans une zone de quatre-vingts kilomètres autour de Tihange, Michel Foret a pris contact avec toutes les autorités concernées pour établir un plan d'urgence en cas de création d'un nuage radioactif.

Parmi les grandes nouveautés du plan d'intervention, on soulignera la désignation de quatre centres d'accueil situés à une distance raisonnable autour de la centrale, choisis en fonction de la direction possible du vent le jour d'un accident éventuel et destinés à accueillir provisoirement les populations évacuées. Ils serviraient en fait de centres de transit dans l'attente d'une estimation définitive de la situation par les autorités car l'accident nucléaire, vu la conception de la centrale de Tihange, n'a ici aucune chance d'être spontané.

Ainsi ont été retenus comme centres d'accueil, à l'est, le centre sportif du Blanc Gravier au Sart Tilman; au nord, le domaine provincial d'Hélécine, dans le Brabant wallon, et le centre sportif d'Eghezée à l'ouest. Le camp militaire de Marche-en-Famenne pourrait servir de centre d'accueil sud mais dans ce dossier, le ministre de la Défense André Flahaut doit encore rendre sa décision.

Un autre point important dans ce plan est l'accent tout particulier mis sur les écoles situées dans un rayon de dix kilomètres autour de la centrale. Un travail de sensibilisation et de formation des équipes éducatives a notamment été mené en prenant en compte de nombreux facteurs, comme la réaction potentielle des parents ou celle des chauffeurs de bus.

Pour évaluer ces nouvelles mesures et estimer l'efficacité des services incendie et de police, un exercice général de «simulation de catastrophe» aura lieu le 22 novembre avec la participation de quatre écoles de Huy, où on testera le scénario de mise à l'abri et de prise des pastilles d'iode. Par ailleurs, Michel Foret rencontrera les parents des enfants des quatre écoles concernées par cet exercice ainsi que tous les directeurs des 119 écoles de la première zone ce lundi soir à l'IPES de Huy.

Du côté des autorités locales, on se dit, à l'instar de Robert Collignon (PS), satisfait et rassuré par les nouvelles mesures prises par le gouverneur. «Il y a une amélioration au niveau des plans d'évacuation. Le nouveau plan est plus ordonné et prend en compte les vents dominants, contrairement à avant.»

© La Libre Belgique 2005