Gazette de Liége

Le tribunal correctionnel de Liège a entamé l’examen du dossier à charge de Mehmet, 62 ans, le propriétaire de l’immeuble de la rue Léopold qui a explosé en janvier 2010. L’homme est poursuivi pour des préventions de marchand de sommeil. Il encourt vingt-quatre mois de prison avec sursis et des amendes pour un total de 137 160 euros. Les faits ont été découverts à la suite de la violente explosion qui a eu lieu le 27 janvier 2010, au numéro 18 de la rue Léopold à Liège. Ce drame avait ôté la vie à quatorze personnes et blessé une dizaine d’autres.

L’enquête a révélé des anomalies dans les conduites de gaz de l’immeuble. Plusieurs habitants ont été entendus et se sont plaints de l’état de l’immeuble. Certains ont expliqué qu’il était infesté de rats et de souris. D’autres ont expliqué qu’il y avait des problèmes de chauffage, d’électricité et de gaz.

"Seul l’argent l’intéressait…"

Selon le parquet de Liège, l’immeuble dans lequel a eu lieu l’explosion était insalubre. Il n’aurait pas dû être loué. Le ministère public estime que tout loyer est disproportionné. "Seul l’argent l’intéressait", a souligné le parquet. Le prévenu est poursuivi pour avoir profité de la situation de vulnérabilité de ses locataires, qui étaient pratiquement tous des allocataires sociaux.

"J’ai fait des travaux dans l’immeuble", s’est défendu Mehmet. Ce dernier doit répondre d’une période infractionnelle entre 2005 et 2010. La nuit du drame, une famille bulgare se trouvait dans les lieux. "Ils ont dormi là seulement deux nuits", a déclaré le prévenu. Le parquet estime que cette famille vivait là depuis bien plus longtemps.

Selon le parquet, l’immeuble était vétuste et insalubre. Pour le ministère public, tout loyer réclamé par ce propriétaire "vénal et menteur" devait être considéré comme un profit anormal.

Selon le premier substitut du procureur du Roi : "Il faisait tout pour obtenir le maximum d’argent en louant des logements contraires à la dignité humaine." Le ministère public a aussi souligné que, lorsqu’une locataire avait osé se plaindre, Mehmet lui avait coupé l’électricité par mesure de rétorsion. La défense a plaidé l’acquittement en soulignant que les loyers s’élevaient de 80 à 300 euros. Les avocats ont contesté l’intention de réaliser un profit anormal et souligné qu’aucun constat d’insalubrité n’avait été dressé. Jugement en février.