Chronique

L’ordre du jour du Conseil communal de Liège de ce lundi soir n’était a priori pas bien folichon mais, contre toute attente, les débats n’ont pas manqué et les choses se sont accélérées.

Ainsi, suite à la décision prise par le Standard et rendue publique en cours de journée de rester à Sclessin (voir "Gazette" du 15/12), la Ville, ravie de ce choix final, a réagi à cette annonce, quelques minutes à peine avant le début du Conseil. Et le bourgmestre liégeois Willy Demeyer (PS) d’en profiter pour annoncer l’intention des autorités communales de faire du site de Coronmeuse, un temps pressenti par le Standard pour y installer sa nouvelle enceinte, le siège d’une exposition internationale en 2017.

Lors du Conseil de ce lundi, il fut donc d’abord question de football avec l’approbation, à l’unanimité malgré quelques réserves et autres inquiétudes (notamment sur l’aspect financier des choses), de la convention relative à l’organisation de la Coupe du monde de football en 2018 pour laquelle la Belgique est candidate et dont Liège doit être une des villes hôtes. Le projet Standard étant donc définitivement écarté en ce qui concerne Coronmeuse, le site peut donc servir à accueillir une future exposition internationale en 2017.

Depuis un an, en coulisses, la Ville travaille sur ce projet à caractère international, qui doit permettre à Liège de retrouver sur son territoire une telle exposition après celle de 1939. Ce grand événement, organisé sous l’égide du Bureau international des expositions dans l’intervalle de deux expositions universelles, est vu par le maïeur liégeois comme "un point d’orgue" et "une manière de développer encore Liège et aussi de l’inscrire sur la carte du monde". Que d’ambition affichée par un collège communal qu’on avait connu moins en verve !

Sur les bancs de l’opposition communale, rejoints hier par le ministre libéral Didier Reynders, on se réjouissait dans l’ensemble de cette perspective. Ce dernier, fidèle à sa ligne "événementielle", insistait sur la nécessité d’associer l’ensemble des groupes politiques et, au-delà, des forces vives liégeoises dans ce "projet mobilisateur" et également sur l’importance de prévoir un programme de financement digne de ce nom. Au sujet des finances justement, rien que la préparation du dépôt et de la campagne de candidature à laquelle s’est engagé hier le Conseil, et ce à l’unanimité, coûterait près de 9 millions d’euros, un effort financier qui devrait être réparti entre différents niveaux de pouvoir. Ainsi, dans les tout prochains jours, Willy Demeyer devrait (re) solliciter le gouvernement fédéral à cette fin.

Du côté d’Ecolo, le chef de groupe Bénédicte Heindrichs insiste sur la nécessité que ce projet ne soit pas juste "un feu d’artifice" mais plutôt "un levier" pour Liège et affirme l’importance de la "dimension citoyenne dans le cadre de ce projet". Ce sur quoi tout le monde s’accorde, c’est sur le fait que le choix d’une thématique, qui doit être à la fois spécialisée tout en présentant un caractère universel, est capital. Aux dires de Willy Demeyer, le choix doit intervenir d’ici la fin du mois de janvier, la thématique générique du développement durable étant incontournable. Pour le reste, différentes pistes existent, le but affiché étant de faire de cette éventuelle exposition internationale, dont les retombées sont estimées à quelque 600 millions d’euros, "un événement pérenne". En commençant par le réaménagement prévu du site de Coronmeuse choisi pour l’accueillir. Mais là, tout reste encore à faire