La demande d’Engie a été acceptée par le fédéral, soit "un très mauvais signal" pour Écolo.

C’était en janvier 2019 : Engie-Electrabel introduisait une demande d’autorisation auprès de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Et ce en vue de la construction d’un ensemble de trois bâtiments sur le site de la centrale de Tihange, visant à stocker les combustibles usés après leur passage en piscine de refroidissement. Le 26 janvier dernier, cette demande a été acceptée par le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem, par le biais d’un arrêté royal qui a été publié ce mardi.

"Trois objections de fond"

Le député fédéral Écolo Samuel Cogolati entend à nouveau interpeller le ministre sur ce dossier. Il épingle "trois objections de fond" pour lesquelles l’AFCN et le ministre auraient dû selon lui refuser la demande d’Engie-Electrabel. La première concerne la durée de vie d’exploitation. Le rapport préliminaire de sûreté prévoit ainsi que l’entrepôt est conçu pour une durée de vie opérationnelle "d’au moins 80 ans". Le gestionnaire dit clairement que ce délai est conditionné à la solution pour le conditionnement final des déchets nucléaires. Or il n’y a actuellement aucune solution pour le traitement des déchets nucléaires en Belgique.

La deuxième objection a trait à la surface du hangar "qui représente plus du double de la taille nécessaire". La capacité du bâtiment doit - en principe - permettre 53 emplacements pour entreposer tous les combustibles usés depuis les années 1990. Or le bâtiment prévoit 120 emplacements, soit "un très mauvais signal". Enfin, au niveau des normes de sûreté, le député pointe "l’absence de prise en compte par Engie-Electrabel des scénarios les plus maximalistes comme la chute d’un avion-cargo, type Boeing 747-8".

Pour démarrer la construction, un permis d’urbanisme délivré par le ministre wallon de l’Urbanisme est toutefois nécessaire. Sa décision est attendue dans les prochaines semaines et d’ici là, le député régional Écolo Rodrigue Demeuse veut élargir la réflexion.

"Ce projet a potentiellement de telles conséquences qu’il me semble vraiment important d’élargir la réflexion au-delà de la seule question d’aménagement du territoire." Et d’estimer que "ce n’est pas un projet comme les autres vu qu’il est question d’un possible entreposage jusqu’en 2100 !". Les deux députés regrettent aussi la non-prise en compte des arguments des riverains et collèges communaux contre le projet.