CONSEIL COMMUNAL

C’est ce lundi 28 janvier que le Conseil communal va lancer son œuvre destructrice", pouvait-on lire sur un tract distribué lundi soir à l’hôtel de Ville de Liège où plusieurs manifestations se tenaient en prélude à une séance dont le menu était copieux. Et il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les esprits s’échauffent, au propre comme au figuré Le premier point qui a suscité la polémique avait trait à la construction d’un nouveau commissariat de police dans le quartier Sainte-Marguerite. À l’ordre du jour du Conseil : la passation d’un marché en vue de la réalisation d’études relatives notamment à la faisabilité d’un tel projet.

Un projet auquel sont résolument opposés les squatteurs du Centre social occupé et autogéré (CSOA) installé au numéro 8 de la rue Hocheporte. Soit précisément à l’endroit concerné par le projet. "Le passe-partout" - c’est le nom de ce CSOA, conçu comme "un lieu autonome d’activités sociales, culturelles et politiques" géré de manière collective - est installé depuis quasi trois ans dans le quartier Sainte-Marguerite où il était, semble-t-il, accepté par la population et toléré par les autorités communales. Jusqu’à ce que survienne ce projet de construction d’un commissariat de police dont le quartier a bien besoin, du moins si l’on en croit le conseiller communal Raphaël Miklatzki (MR), lequel fut le premier à s’exprimer à ce sujet. "Je me réjouis de l’installation future d’un commissariat à cet endroit intéressant", a-t-il ainsi lancé. Son collègue libéral Michel Péters a quant à lui insisté sur la nécessité d’adjoindre à ce nouveau commissariat d’autres services de proximité.

Au sein des autres groupes, le son de cloche était toutefois différent, le conseiller Guy Krettels (Ecolo) évoquant "un problème de concertation" ainsi qu’"un dommage collatéral" pour le CSOA. Dont le dynamisme au niveau de la gestion et les multiples activités organisées depuis trois ans (magasin de vêtements de seconde main, atelier de réparation de vélos, restaurant populaire, bibliothèque, etc.) ont été mis en avant tant par François Schreuer (Vega) que par Raoul Hedebouw (PTB). "Et tout ça à prix libre et sans aucun subside public !", a ajouté l’unique conseiller communal Vega.

Un autre problème épinglé par ces conseillers a trait à une localisation qui n’est, selon eux, pas idéale. "Il y a à Liège une concentration de l’offre en matière de services publics dans certains quartiers, ce qui induit un risque de gentrification", a ainsi jugé pour sa part le chef de file du PTB. Directement interpellé, tant par ces derniers que par les squatteurs, le bourgmestre Willy Demeyer (PS) a redit l’importance d’une police de proximité qui est en train de se redéployer. Au sujet de la localisation choisie : "Le terrain et le bâtiment appartiennent à la Ville". Enfin, concernant l’avenir du CSOA, le maïeur liégeois a rappelé qu’il connaît les initiateurs - certains proviennent de "La chauve-souris", un autre squat qui fut fermé fin 2009 - et qu’il a autorisé les activités durant plusieurs années. Mais il a aussi insisté sur la nécessité de trouver une solution d’ici le début des travaux.