En phase de test, cette technique permettrait de réduire la chaleur présente sur les rails

De fortes chaleurs sont annoncées sur le territoire ces prochains jours. Infrabel a dès lors activé son plan été. "Il se décline en deux volets : une action de prévention et un volet plus curatif si un accident devait survenir", explique d'amblée Benoît Gilson, directeur stratégie d'Infrabel lors d'une visite de presse.

"Les rails subissent un phénomène de dilatation dû aux fortes chaleurs, mais si la température atteint plus de 55 à 60 degrés, le dispositif qui contient cette dilatation ne pourrait plus l'absorber", poursuit le directeur stratégie. Dans ce volet prévention, "nous devons surveiller les points sensibles qui risquent de poser problème sur l'ensemble du réseau belge". 100 agents sont ainsi déployés sur l'ensemble du réseau belge pour vérifier la température des rails et chaque centimètre de voie est analysée au peigne fin, soit 6000 km de voies. "Deux phénomènes sont à redouter : le serpentage (lorsque les voies se dilatent et se déforment) et l'installation électrique", complète Jean-Michel Hody, manager maintenance.

La  voie est en effet composée des rails (métal), du ballast (pierres) et des traverses (en béton ou en bois). Autant d'éléments qui emmagasinent la chaleur. "Souvent, la température sur les voies dépasse de près de 20° la température ambiante. Alors, le métal se dilate et les rails peuvent sortir de leur assise. Dans le jargon ferroviaire, on parle de "serpentage". Une équipe doit alors intervenir pour couper la section de rail, la réduire et la ressouder, et éviter tout déraillement de train.

En ce premier jour de surveillance, une équipe technique du réseau ferroviaire d'Infrabel est occupée à vérifier un tronçon de rail situé à Bressoux, en agglomération liégeoise, sur la ligne située entre Liège et Maastricht. Le technicien de voie Jean-Marc Verbraeken mesure ce mercredi matin 40,8 degrés sur les rails grâce à son thermomètre. Il est également aidé comme outils d'un mètre et d'une cale à gradin. "Vous voyez, là, on voit que le rail a bougé d'un 1,5 cm. On doit faire attention qu'il ne dépasse pas les 8 cm maximum de dilatation", prévient-t-il.

Le blanc pour combattre la chaleur

Avec le changement climatique et la forte hausse des températures durant la période estivale, Infrabel a dû penser à un nouvel outil pour réduire la chaleur présente sur les voies. C'est pourquoi, cet été, une phase de test est lancée afin de développer un nouveau dispositif : peindre les rails en blanc. "C'est un système qui est utilisé en Italie et que nous souhaitons désormais utiliser ici sur les zones les plus sensibles du réseau". Techniquement, "un train, qui avance entre 10 et 20 km/h pulvérise chaque phase de rail". La peinture blanche permettrait en effet de réduire la température et la perméabilité aux rayons du soleil. A Bressoux, une centaine de mètres de voiries sont ainsi désormais de blanc vêtu, notamment au niveau des "joints". "En tout, sur l'aréa de Liège, 17 km de rail sont déjà couverts de blanc", précise Jean-Michel Hody. "On essaie déjà d'analyser les effets". Un bilan sera effectué à la fin de l'été. Si celui-ci est concluant, Infrabel prévoit de déployer ce nouveau dispositif sur l'ensemble du réseau belge, plus spécifiquement "sur les zones sensibles".