La "Gazette" l’écrivait encore dans son édition de ce jeudi : la Ville a plus que jamais l’intention de réattirer sur son territoire des habitants, si possible à haute valeur contributive. Une des manières de pouvoir y arriver est la mise en œuvre des zones d’aménagement communal concerté (Zacc), soit des zones de réserve sans affectation particulière au plan de secteur et dont la mise en œuvre ne peut précisément pas se faire sans l’adoption préalable d’un rapport urbanistique et environnemental (RUE), censé définir l’affectation des sols.

Au total, la Ville de Liège compte sur son territoire 24 Zacc, occupant une superficie de quelque 400 hectares et dont neuf d’entre elles, couvrant environ 200 hectares, ont été classées en zones de priorité 1. Et parmi elles, on peut notamment évoquer une Zacc qui a beaucoup fait parler d’elle ces derniers temps, à savoir celle ayant trait au site de l’ancien charbonnage Patience et Beaujonc. Située à Glain, sur les hauteurs de Liège, et dévolue tant à de l’habitat qu’à une zone d’activité économique mixte, elle est aussi et surtout le lieu choisi par le Centre hospitalier chrétien (CHC) afin de regrouper sur un même site, en 2016, les cliniques Saint-Joseph, Saint-Vincent et Espérance. Pour rappel, c’est en 2008 que le CA du CHC a opéré le choix du site de Glain au détriment de celui de Fontainebleau (Sainte-Marguerite), mettant en avant différents aspects dont la nature du terrain d’une superficie totale de 34 hectares ainsi qu’une accessibilité jugée excellente. Pour rappel aussi, le montant global du projet de création de ce nouveau méga-hôpital d’une superficie au sol de 25000 m2 était chiffré à l’époque à quelque 225 millions d’euros, en ce compris les expropriations et l’aménagement d’un site propre pour le bus.

Récemment, alors que le CHC déposait quant à lui l’avant-projet architectural auprès de la Région wallonne, le Conseil communal a approuvé le RUE, préalable nécessaire à une demande de permis unique, visant tant l’hôpital lui-même que les voiries et l’échangeur autoroutier qui lui seront nécessaires, qui doit être introduite auprès du gouvernement wallon après que celui-ci ait à son tour avalisé le RUE. Ce qui devrait être fait dans les tout prochains jours, si l’on en croit le CHC, lequel faisait le point dans la dernière édition de son trimestriel "Infosites" sur ce dossier jugé stratégique. Mais le moins que l’on puisse écrire est qu’il n’est pas le seul dans un quartier, celui de Glain, où les projets semblent se bousculer.

Ainsi, s’il ne remet pas en cause la décision du CHC de s’installer à Glain, le conseiller libéral Michel Péters, lui-même habitant de ce quartier vert et aéré, dit s’inquiéter principalement du sort de la cuvette du fond Hubert Goffin et du parc du Royal Baudouin Tennis Club. Plusieurs fois, il a invité la Ville à "une urbanisation modérée, raisonnable et concertée", ce qui est par ailleurs défendu par la Ville, évoquant "une urbanisation à outrance". Une fois que le CHC aura valorisé ses terrains (avant et après l’ouverture de l’hôpital puisque désormais, à la demande des riverains, le projet est phasé), ce ne sont pas moins de 600 logements (le chiffre de 900 est même avancé) qui sont appelés à voir le jour sur le site. Outre un problème d’ordre patrimonial et paysager ainsi qu’en termes de mobilité, ce à quoi le comité de quartier se dit également attentif en l’espèce, ce qui fâche aussi le conseiller, c’est la typologie du bâti envisagé, qu’il compare au bâti existant et qui n’est pas, selon lui, de nature à rencontrer l’objectif avoué de la Ville.