La nouvelle qui vient de tomber à Grâce-Hollogne laisse un goût amer… Malgré l’opposition qui s’est manifestée à l’annonce de ce projet d’abattoir pour volailles, le ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio, a accordé le permis.

En décembre dernier, le conseil provincial s’est prononcé en faveur de la mise à disposition d’un abattoir pour volailles afin de pallier au manque de possibilités d’abattage en Région wallonne. Tel que présenté, le projet, annoncé dans le courant de 2019, consiste à équiper un bâtiment existant au sein du zoning industriel de Grâce-Hollogne (rue Jean Gruslin). La capacité technique minimale est de 200 000 volailles par an.

Les éleveurs sont contraints d’effectuer de longs déplacements pour faire procéder à l’abattage de leurs animaux. Ces trajets, leur longueur pour les animaux, leur coût et le temps qu’ils nécessitent pénalisent de nombreux élevages et sont défavorables au développement des productions de proximité, des productions artisanales et de niches. Cela impacte également les autres acteurs liés à ces productions comme les producteurs d’aliments, les transformateurs, les détaillants…”, avait précisé à l’époque André Denis, député provincial en charge de l’agriculture.

Ce projet n’est pas resté sans réactions sachant que le bâtiment en question n’est, de l’avis de bon nombre de personnes, pas si éloigné que cela d’habitations…

Une pétition de 2 800 signatures

Des riverains se sont donc rassemblés et ont fait circuler une pétition faisant état de leurs inquiétudes dans le cadre de l’enquête publique. Quelque 2 800 signatures ont ainsi été récoltées. “Dont 80 % sont des personnes des environs proches”, insiste Gianni Tabbone, l’un des porteurs de la pétition. “Une dizaine d’entreprises ont également réagi ainsi qu’un restaurant situé à environ 170 m qui dispose d’une terrasse en été.

Face à une telle opposition, le collège communal de Grâce-Hollogne avait alors émis un avis négatif. Le permis ayant malgré tout été accordé, les riverains vont désormais analyser avec leur avocat la possibilité d’introduire un recours au Conseil d’État.

Alors que les habitations les plus proches sont à une trentaine de mètres, on minimise dans le permis octroyé en disant que, de porte à porte, on est à 70 m. Nos craintes ne sont pas infondées car nous avons rencontré des professionnels du secteur qui nous ont mis en garde par rapport aux nuisances olfactives. On parle d’odeurs pestilentielles qui nous ont été confirmées par un vétérinaire. Sans précautions particulières, les odeurs peuvent se propager jusqu’à 1,5 km à la ronde ! Nous sommes dégoûtés car ce sont des enjeux économiques et financiers qui prévalent sur le droit à la tranquillité des riverains”, conclut le riverain.