Gazette de Liége

Minguet et Henry recalés", titrait le 5 mai dernier la "Gazette" en référence à un arrêt rendu au préalable par le Conseil d’Etat et annulant un permis octroyé par le ministre écolo à la SA Minguet et Lejeune pour la construction de seize logements dits "à très basse énergie" rue Joseph Dejardin, dans le quartier de la Chartreuse. Ce projet a suscité l’ire des riverains, 32 d’entre eux ayant émis une réclamation dans le cadre de l’enquête publique et la pétition lancée à cette occasion ayant récolté 192 signatures.

Pour rappel, ce qui gêne les riverains, dont une poignée a donc décidé de se pourvoir devant le Conseil d’Etat, c’est le non-respect selon eux des prescriptions du plan communal d’aménagement dudit site. Et leur porte-parole d’épingler les quatre dérogations à ce dernier contenues dans la première mouture du permis accordé par le ministre Henry. Un premier permis qui avait néanmoins été accordé sous conditions mais "de manière trop légère" pour l’échevin Firket et qui avait par la suite été annulé par le Conseil d’Etat.

Récemment, tenant compte des remarques soulevées par ce dernier, le ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire a revu sa copie, motivant davantage un permis octroyé sous conditions. Parmi celles-ci, on peut évoquer l’obligation faite au promoteur de "diminuer la hauteur de chacun des étages de l’immeuble d’angle" de même que celle de planter les jardins de haies, arbres et arbustes d’essence régionale. Il est également précisé que les immeubles devront respecter strictement les articles ad hoc du Cwatup ainsi que l’avis de la direction générale de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement. En effet, une des particularités du site est que les terrains en cause se situent dans le périmètre de la concession de mines de houille de la Chartreuse.

Pour le promoteur Laurent Minguet, lequel estime que le Conseil d’Etat n’avait pas jugé le fond mais bien la forme du premier permis octroyé, "le ministre ne change pas le permis délivré préalablement mais il a simplement mieux motivé les dérogations de sorte que le Conseil d’Etat ne puisse plus le critiquer". Il dit s’attendre à un nouveau recours des riverains - qui ont 60 jours à compter de la notification de la décision du ministre pour ce faire - mais il évoque un phénomène "100 % Nimby". Pour lui, les riverains qui s’opposent à son projet posent "un acte doublement incivique". Enfin, il déplore l’attitude de la Ville de Liège qui a selon lui décidé d’en faire un dossier préélectoral. Ambiance !